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 Mafias contre migrants

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Huyustus



Nombre de messages : 1749
Localisation : Paris
Date d'inscription : 08/03/2008

MessageSujet: Mafias contre migrants   Ven 22 Aoû 2008 - 21:25

On est rarement déçu par le genre humain :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/08/22/les-mafias-mexicaines-contre-les-migrants_1086705_3222.html

Le Monde a écrit:

La brise fait claquer les bâches qui protègent du soleil la halle ouverte à tous les vents du sud, où le Père Alejandro Solalinde dit la messe pour ses "frères en chemin", les migrants centre-américains. Quelques dizaines d'entre eux se sont rassemblés dans cette église aussi précaire que leur existence, les autres observent la cérémonie de loin, se lavent ou tentent de dormir, couchés sur des cartons, avant la prochaine étape de leur dangereux périple vers les Etats-Unis.

Ixtepec, petite ville de l'isthme de Tehuantepec, dans le sud de l'Etat d'Oaxaca, s'est construite autour de la ligne de chemin de fer en provenance du Chiapas, qui longe la côte Pacifique avant d'obliquer droit vers le nord-est. Si tout va bien, à raison de quelques centaines de pesos glissés aux conducteurs des convois, les "clandestins" parviendront en six jours à la lisière de la terre promise, contre trente-six heures s'ils avaient la chance de faire le trajet en bus sans être arrêtés aux barrages.

Rien ne va plus. Les deux cent mille migrants du Guatemala, du Honduras, du Salvador ou du Nicaragua qui tentent chaque année de traverser le Mexique buttent sur une quantité au moins égale de sans-papiers expulsés par les autorités américaines. Et les Centre-Américains sont devenus des proies faciles pour les mafias mexicaines, dans un réseau inextricable de complicité des polices locales avec les bandes agressives du crime organisé. "Les gouvernements sont corrompus, et même les Eglises oublient souvent leur devoir", dit ce prêtre catholique, qui parle du "malaise" que le flux migratoire provoque "chez ceux qui sont déjà installés". Ce que les migrants enseignent au reste du monde, lance-t-il, "c'est la foi et l'espérance".

Pendant cette halte entre deux trains qui arrivent toujours au milieu de la nuit, apportant leur cargaison humaine en équilibre au sommet des wagon, les voyageurs reprennent des forces. Un Nicaraguayen évoque, la voix nouée, les quinze jours passés en prison au Chiapas : "Nous étions partis à vingt-cinq, nous ne sommes plus que trois", ses autres compagnons ayant préféré faire demi-tour. Juan Pablo, un Salvadorien de 22 ans, a laissé derrière lui onze frères et soeurs. Il gagnait l'équivalent de 63 dollars par semaine dans une usine textile. Son cousin Umberto montre les semelles déchiquetées de ses tennis. La plupart ont sur eux des vêtements offerts par les oeuvres caritatives, car ils ont été dépouillés en chemin par brigands et policiers.

Certaines d'être violées - le sort de 80 % des migrantes, selon les statistiques des organisations non gouvernementales -, les jeunes filles avalent des contraceptifs avant de poser le pied sur le sol mexicain. Parfois, c'est pire encore : "Au Chiapas, il y a beaucoup de cadavres au bord de la voie ferrée", murmure un rescapé. Marilu, une Guatémaltèque qui a confié ses enfants à sa mère dans l'espoir d'un meilleur salaire aux Etats-Unis, a perdu sa jambe droite, amputée sous le genou après être tombée du train dans un mouvement de panique générale. Celui qui avait piétiné sa main pour forcer le passage a été retrouvé plus loin, coupé en deux.

Un document de la "Dimension pastorale de la mobilité humaine" (DPMH, l'instance de l'épiscopat mexicain chargée des migrants), daté de début avril, demande aux autorités fédérales que les dizaines d'amputés reçoivent un soutien psychologique au lieu d'être chassés du pays dès leur sortie de l'hôpital. Son responsable, l'archevêque de Tijuana Rafael Romo, s'alarme surtout de ce que le crime organisé a "étendu ses tentacules" autour des routes suivies par les migrants, notamment dans les Etats du Chiapas et de Veracruz, ainsi qu'"à Juchitan et Ixtepec", dans celui d'Oaxaca. "Nous sommes inquiets de les voir employer des méthodes très violentes pour rançonner les migrants qu'ils enlèvent", souligne-t-il. Depuis 2007, la DPMH a recueilli des témoignages relatant plus de trois cents cas en différents points du Mexique. Les "Zetas", bras armé d'un des cartels de narcotrafiquants, y sont impliqués.

Les victimes sont torturées jusqu'à ce qu'elles donnent les numéros de téléphone de leurs proches aux Etats-Unis, dont les criminels exigent des sommes allant jusqu'à 5 000 dollars. Mais certains séquestrés, dont des femmes accompagnées d'enfants, n'ont jamais réapparu : on peut tout craindre, de la prostitution forcée au trafic d'organes.

Confronté à la Mara Salvatrucha, l'une des bandes redoutables qui écument l'Amérique centrale, le directeur de la Maison du migrant de Coatzacoalcos, à 280 km au sud du port de Veracruz, a vu ses agresseurs lui braquer sur la tempe un fusil d'assaut. Depuis qu'il a ouvert, en février 2007, celle d'Ixtepec (l'un des 35 centres que l'Eglise catholique gère ici), par où ont déjà transité près de 45 000 personnes, le Père Solalinde a été la cible d'une dizaine de manoeuvres d'intimidation ou de corruption.

Fin juin, la tension est soudain montée quand, prenant prétexte du viol supposé d'une petite fille par un "mara" - dont la confession a sans doute été payée par les malfrats -, des habitants d'Ixtepec ont envahi le centre d'accueil, munis de bidons d'essence, accusant à grands cris le Père Alejandro d'être un "pollero" (trafiquant de personnes), et les migrants de semer l'insécurité. Soutenu par les commerçantes du marché d'Ixtepec, qui lui donnent souvent de la nourriture pour ses protégés, le curé a réussi à calmer le jeu. Mais il sait parfaitement quels sont les fonctionnaires locaux qui collaborent avec les criminels, jusqu'au sommet de l'Etat d'Oaxaca.

Quelques jours après, des inconnus ont introduit près d'un demi-kilo de cocaïne dans l'enceinte du centre d'accueil. "Ils vont recommencer, pour miner notre autorité morale", soupire le Père Solalinde. "L'affaire d'Ixtepec était très délicate : s'ils parvenaient à faire fermer cette maison, ils pouvaient essayer avec les autres", explique la religieuse Leticia Gutierrez, coordinatrice nationale de la DPMH, qui prépare un colloque sur le problème du crime organisé.

Durant l'été, une offensive similaire a eu lieu à Tapachula, au Chiapas, contre le Père Flor Maria Rigoñi – récompensé en 2007 du Prix national des droits de l'homme pour son travail en faveur des migrants. Au Mexique, les curés courageux n'en ont pas fini avec la mafia.

Joëlle Stolz
Article paru dans l'édition du 23.08.08

Dis donc Jibus, j'espère que tu fais attention en traversant la rue...
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