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 Certificat d'étude

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narduccio



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MessageSujet: Certificat d'étude   Ven 21 Déc 2007 - 22:31

Voici le certificat d'étude de 1954:
Citation :
ANNALES ET CORRIGES : CARNET DU CERTIFICAT D'ETUDES

RÉDACTION.

1. Au cours d'une promenade à bicyclette, vous avez perdu votre portefeuille. Écrivez à la gendarmerie ou au commissariat de police pour signaler cette perte.
II. Un petit chat s'amuse devant la porte avec un objet léger. Survient un jeune chien qui veut prendre part au jeu. Décrivez la scène et dites comment elle se termine.

DICTÉE.

Le premier feu, vu par la chatte.
Feu! Te voici revenu, plus haut que mon souvenir, plus cuisant et plus proche que le soleil ! Feu ! que tu es splendide ! Par pudeur, je cache m joie de te revoir, je ferme à demi mes yeux où la lumière amincit ma prunelle. Mon ronron discret se perd dans ton crépitement. Ne pétille pas trop, ne crache pas d'étincelles sur ma fourrure ; sois clément, feu varié, que je puisse t'adorer sans crainte ...
Je sais, puisque je suis chat, tout ce qui vient derrière toi, feu. Je prévois l'hiver que j'accueille d'une âme inquiète, mais non sans plaisir. En son honneur, déjà ma robe croît et s'embellit. Mes rayures brunes deviennent noires et le poli de mon ventre passe en beauté tout ce qui s'est vu jamais.

COLETTE.


QUESTIONS.

La chatte est-elle contente ? Quels sont les détails qui le montrent? Pourquoi les rayures brunes deviennent-elles noires?
Expliquez: clément (employez ce mot dans une phrase); pétille:
Analysez: splendide ; joie; te (revoir) ; prudent.

CALCUL

I. Un ouvrier travaille 8 heures par jour et gagne 140 F par heure. Il ne travaille ni le samedi, ni le dimanche et dépense en moyenne 650 F par jour : Au bout de combien de semaines aura-t-il économisé la somme nécessaire pour acheter une bicyclette à moteur valant 46000 F ?

2. L’indicateur me donne les renseignements suivants sur les 7 trains de voyageurs circulant entre Paris et Chaumont:
Départ Paris :
7 h 45 ;
7 h 50;
12 h 05;
18h20;
18h22;
22h 15;
22h45.

Arrivée à Chaumont :
10 h 23 ;
11h44;
15h38;
21 heures;
22 h 10;
1h34;
2h11.
Quel est le plus rapide? le moins rapide? Quelle est la vitesse moyenne du plus rapide? (Distance Paris-Chaumont: 269 km).


SCIENCES.

1. Comment se forment les vents? Quels sont les vent,; dominant,; de votre région? Quel instrument en indique la direction ? (Description).

Il. Vous avez mis des haricots à germer. Ils ne germent pas. Indiquez toutes les raisons qui peuvent empêcher ou retarder cette germination.


HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE.

1. À quelle occasion les Français découvrent-ils la Renaissance italienne? Citez deux châteaux construits en France
à l'époque de la Renaissance.

En quoi le château de la Renaissance diffère-t-il du château féodal?


II. Quels sont les mouvements de la mer ? Qu'appelle-t-on flux ou reflux?
Citez un courant chaud et un courant froid au nord de l'équateur.


CALCUL MENTAL.

1. Une voiture parcourt 125 km, puis 84 km. Distance parcourue?

II. Prix de 750 g de viande à 480 F le kg.

IV. Je pars à 7h35. J'arrive à 8h20. Durée du trajet ?

V. Combien paierai-je un objet de 950 F si j'ai 10 % de remise ?

http://passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewtopic.php?p=196252#196252

Fastoche ???
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Steph



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 21 Déc 2007 - 23:20

narduccio a écrit:


Fastoche ???

Je trouve oui.
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lgda



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Sam 22 Déc 2007 - 0:30

narduccio a écrit:
Voici le certificat d'étude de 1954:

Fastoche ???
Je ne garantis pas la note maximale mais j'ai mon certif' à tous les coups !
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PtitGG



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Sam 22 Déc 2007 - 0:41

combien de temps pour l'épreuve?
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Steph



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Sam 22 Déc 2007 - 1:14

narduccio a écrit:


CALCUL MENTAL.

1. Une voiture parcourt 125 km, puis 84 km. Distance parcourue?

II. Prix de 750 g de viande à 480 F le kg.

IV. Je pars à 7h35. J'arrive à 8h20. Durée du trajet ?

V. Combien paierai-je un objet de 950 F si j'ai 10 % de remise ?


Tiens au fait c'est à quel âge le certificat d'étude? Parce que là il s'agit des opérations de base avec 2 chiffres!!! Ce sont des trucs qu'on apprend à 7 ans ca! Pas mentalement bien sûr, mais quand même!

Stephane
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ji_louis



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Sam 22 Déc 2007 - 1:50

Le certificat d'études, c'était à la fin du collège: 14 ans.
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frederic



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Lun 31 Déc 2007 - 10:35

il serait interressant qu'on nous communique, à titre de comparaison, un sujet de BEPC. cheers
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narduccio



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Lun 31 Déc 2007 - 13:45

ji_louis a écrit:
Le certificat d'études, c'était à la fin du collège: 14 ans.

AU départ, en 1892, c'était 12 ans. Puis c'est passé à 14 ans. Le certificat d'étude est devenu un diplôme assez inutile, à part qu'il était requis pour entrer dans certaines administrations ou entreprises ....
J'en connais qui ont eu la surprise de ce voir refoulés pour cette raison.
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Cassandre 46



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MessageSujet: Le certificat d'études primaires   Mer 7 Aoû 2013 - 17:17

Bonjour,

Voici le résultat de quelques recherches sur le certificat d'études primaires. En ce qui me concerne je l'ai obtenu en 1960 alors que j'étais au collège. Le directeur avait estimé que cela constituait un entraînement pour le BEPC. J'ai retrouvé les épreuves de ce certificat sur une brocante ce qui m'a incitée à effectuer des recherches sur son histoire. Je suis passionnée par l'histoire de l'école primaire et des instituteurs car je garde de bons souvenirs de mon école rurale et de mes deux instituteurs dévoués et passionnés.

                   Le certificat d’études primaires.

Un peu d’histoire…

Le célèbre « certif » a été mis en place dès 1866 par Victor Duruy sous le Second empire mais il ne sera véritablement institué que sous la Troisième République par le ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry, en 1882.
Le Certificat d’études primaires est un diplôme validant une instruction dispensée au cours d’une scolarité gratuite et obligatoire allant de 6 à 13 ans, avant d’entrer dans la vie active. Certains enfants ayant satisfait aux épreuves de cet examen peuvent quitter l’école dès l’âge de 11 ans.
En 1936, la scolarité obligatoire est portée à 14 ans par Jean Zay.
En 1946, l’examen s’adresse aux élèves qui ne fréquentent pas le collège mais les collégiens ou élèves des Cours complémentaires s’y présentent volontiers.
En 1959, la scolarité obligatoire est portée à 16 ans et les classes de fin d’études primaires disparaissent progressivement.
En 1972, l’examen ne s’adresse qu’aux adultes.
En 1976, la mise en place du collège unique de la réforme Haby accentue le phénomène et le nombre de candidats ne cesse de baisser.
En 1980, on ne compte que 30 candidats.
En 1989, le certificat d’études primaires est supprimé.

Les épreuves.

Les épreuves écrites et orales se déroulent sur une journée et insistent sur une solide maîtrise de la langue française, donc lire et écrire, et de l’arithmétique : savoir compter sans calculette bien entendu. Un mémento de poche de 260 pages et illustré de 640 gravures publié chez Larousse donne une idée précise des notions étudiées en grammaire, arithmétique, histoire, géographie, dessin, sciences, instruction civique, couture, musique et gymnastique. La date d’édition de ce mémento n’est pas indiquée mais la chronologie des Présidents de la République s’arrête à Antoine Fallière, élu en 1906.
Les instituteurs et institutrices restent de longues années sur le même poste et sont récompensés par le nombre de reçus au fil des ans.
- La rédaction propose deux sujets au choix, dure 50 mn et est notée sur 10.
- L’orthographe consiste en une dictée de 100 à 150 mots suivie de 3 questions : compréhension, vocabulaire et grammaire. Le zéro à la dictée est éliminatoire.( La faute grammaticale enlève 2 points, la faute d'orthographe d'usage en lève un point et les accents un demi- point. Attention, l'accent circonflexe à la troisième personne du singulier qui distingue l'imparfait du subjonctif  du passé simple de l'indicatif relève d'une bonne bonne connaissance de la conjugaison et enlève deux points si on l'oublie. Cet accent était le piège le plus redouté des candidats. On le retrouvait également dans la dictée du BEPC. Alors, il suffisait de conjuguer le verbe à une personne du pluriel pour déjouer le piège. La dictée qui suit comporte ce piège que j'ai indiqué en gras. Eh oui, c'était ainsi et on était habitué à ce petit jeu des subtilités et des nuances de la langue. Comme c'était ma matière préférée, cela ne me dérangeait pas évidemment mais il est permis de ne pas être de mon avis.))
- Dès 1890, Léon Bourgeois s’opposera à cette directive sévère. L’écriture de la dictée est notée sur 5.
- Le calcul, composé de deux problèmes est noté sur 20. Le zéro est éliminatoire.
- Les sciences naturelles sont notées sur 10, l’histoire-géographie sur 10.
Les épreuves orales comportent le calcul mental noté sur 5 et le chant ou la récitation sur 5 également. Le calcul mental se compose de 5 questions dont voici un aperçu donné en 1954.
1- Une voiture parcourt une distance de 125 km puis 84 km. Distance parcourue.
2- Prix de 750 g de viande à 480 F le kg.
3- J’achète 4 paquets de cigarettes à 115 F. Que me rendra-t-on sur 1000 F.
4- Je pars à 7 h 35. J’arrive à 8 h 20. Durée du trajet.
5- Combien paierai-je un objet de 950 F si j’ai 10% de remise.

Par ailleurs, une épreuve de dessin ou d’agriculture réservée aux garçons est notée sur 10, Les filles quant à elles doivent effectuer une épreuve de couture en 50 mn notée sur 10.

Les épreuves du « certif » de la Marne en 1960.

La dictée

Le texte de la dictée qui suit est un extrait de La chute d’Albert Camus, récit publié aux éditions Gallimard en 1956.

En janvier 1960, l’écrivain Albert Camus décède dans un accident de la route. Issu d’une famille modeste et illettrée, Albert Camus était toujours resté en contact avec son instituteur Louis Germain qui avait joué un rôle déterminant dans la poursuite de ses études.
L’enseignement primaire est celui qui vient en premier et pose les fondations de la construction des hommes et des femmes. Ces fondations doivent être solides.


Texte de la dictée.


« Le soir dont je vous parle, je peux même dire que je m’ennuyais moins que jamais. Non, vraiment, je ne désirais pas que quelque chose arrivât. Et pourtant … Voyez- vous, cher monsieur, c’était un beau soir d’automne, encore tiède sur la ville, déjà humide sur la Seine. La nuit venait, le ciel était encore clair à l’ouest, mais s’assombrissait, les lampadaires brillaient faiblement. Je remontais les quais de la rive gauche vers le pont des Arts. On voyait luire le fleuve, entre les boîtes fermées des bouquinistes. Il y avait peu de monde sur les quais : Paris mangeait déjà. Je foulais les feuilles jaunes et poussiéreuses qui rappelaient encore l’été. Le ciel se remplissait peu à peu d’étoiles qu’on apercevait fugitivement en s’éloignant d’un lampadaire vers un autre. Je goûtais le silence revenu, la douceur du soir. Paris vide. J’étais content. »

Questions.

1. Donnez un titre à la dictée.
2. Sens des mots et expressions : lampadaire ; bouquinistes ; Paris vide ; qui rappelaient encore l’été.
3. Analyse des mots : clair ; fleuve (luire le fleuve) ; qu’ (qu’on apercevait) ; étoiles.

Rédaction. Choisir l’un des deux sujets.

1. On vous a donné une petite somme d’argent pour votre anniversaire en vous disant : « Tu en feras ce que tu voudras. » Comment l’avez-vous employée ?
2. Votre maman vous demande d’écrire à votre grand-frère au service militaire pour lui donner des nouvelles de la famille, du village, des travaux, de votre vie scolaire…Rédigez la lettre.

Calcul

I. Premier problème noté sur 8 points.

Une personne assure contre l’incendie sa maison qu’elle estime 38 000 NF (nouveaux francs), son mobilier et son linge estimés ensemble 12 500 NF. Elle s’est adressée à une compagnie d’assurance qui lui fait payer les tarifs suivants :
-assurance bâtiments : 0,60°/°°, mobilier et linge : 1°/°° (pour mille)
Quel sera le montant de la prime nette ?
A cette prime s’ajoutent les impôts qui s’élèvent à 45% de la prime nette. Quel sera le montant de la prime totale à payer, impôts compris.

II. Second problème noté sur 12 points.

Trois vignerons achètent en commun un tracteur enjambeur qui leur revient, net, à 14 400 NF. Chacun paiera une partie de la valeur du tracteur proportionnellement à la superficie qu’il exploite. Le premier exploite 2,55 ha, le second 19 500 m2, le troisième 270 ares.
1. Quelle est la somme due par chacun ?
2. Pour se procurer l’argent nécessaire au versement de sa part, le premier envisage de vendre du vin. Quelle quantité de vin devra-t-il vendre à raison de 300 NF l’hl ?
3. Le second dispose d’un terrain triangulaire de 130 m de base et de 100 m de hauteur. Il a pour ce terrain, un acheteur. Combien devra-t-il vendre l’ha de ce terrain pour réunir les fonds nécessaires ?
4. Le troisième décide de recourir à l’emprunt. Il trouve un prêteur qui lui consent un taux de 6%. La moitié du capital emprunté sera remboursée au bout d’un an, avec les intérêts dus à la fin de cette première année. Le reste sera remboursé à la fin de la seconde année, au même taux.
Quel sera le montant de chaque versement ?

Sciences

- Question commune. Croquis de l’œil. Quels sont les principaux défauts de la vue ? Comment y remédie-t-on ?
- Garçons en école urbaine. Comment procédez-vous pour évaluer la sensibilité d’une balance ? Contrôler sa justesse ? Sa fidélité ? Décrivez les opérations de la double pesée en joignant les croquis.
- Garçons en école rurale. Qu’est-ce qu’amender une terre ? Comment effectue-t-on un marnage ? Un chaulage ?
- Filles en école rurale ou urbaine. Quelles sont les précautions à prendre pour se servir d’un biberon et d’une tétine ? Comment feriez-vous pour préparer un biberon au lait en poudre pour un bébé de huit Jours ?

Histoire

Quels souvenirs précis d’inventions ou de découvertes utiles à l’humanité vous permettent d’évoquer chacun des noms suivants : Claude Bernard, Louis Pasteur, Pierre et Marie Curie.

Géographie

Croquis du département de la Marne. Tracez : la Marne, la Seine, l’Aisne, la Vesle, la Suippe. Indiquez les trois « Côtes » (leur nom) et les grandes régions naturelles.
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Anthracite



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Mer 7 Aoû 2013 - 19:15

Steph a écrit:
narduccio a écrit:


Fastoche ???

Je trouve oui.
Moi aussi.
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Mer 7 Aoû 2013 - 20:30

Vous sauriez analyser le qu' : nature grammaticale, antécédent, nombre, genre et fonction ? Moi oui parce que j'aimais les mots et je les aime toujours. Par contre, le calcul mental, hum, je suis rouillée.
Attention, pas de calculette ! Attention : 5 fautes en dictée et c'est le zéro éliminatoire.
Bon en 1960, la France est encore rurale et les femmes savent faire un ourlet, une boutonnière, une reprise... Je me débrouille encore. Hélas, je suis nulle en tricot.

Sinon, c'est vrai, cet examen de 1960 n'est pas trop vicieux.

Je connais un ancien président du Conseil Général de la Marne, agriculteur devenu ensuite sénateur qui confesse volontiers avoir dû repasser son certificat parce qu'il avait fait plus de 5 fautes en dictée. Il doit avoir 85 ou 86 ans.
Les dictées du brevet aujourd'hui, je préfère ne pas en parler. D'abord on n'en fait presque plus au collège et le barème me désespère mais il y a pire encore. Un jour, un brave viticulteur, victime d'une erreur de comptabilité demandait vainement un rendez-vous à l'inspectrice des impôts pour s'expliquer. Celle-ci lui envoya un jour un courrier menaçant de cinq lignes comportant trois fautes d'accord pour lui demander de payer sans discuter. Stupéfait, ce brave homme, reçu premier du canton au certificat d'études primaires en 1954, est venu me demander s'il ne se trompait pas. Non seulement il ne se trompait pas mais il était encore capable, un demi-siècle après avoir obtenu son diplôme, d'expliquer les fautes et de les corriger. Comprenant qu'il était injustement bafoué, il a tenu bon, a réussi également à expliquer l'erreur concernant l'interprétation de sa comptabilité et a obtenu gain de cause.

Pouvoir s'exprimer simplement et clairement pour dialoguer, comprendre, raisonner et se défendre avec les mots et la langue qui structure la pensée, c'est très important. C'est la liberté de pensée et d'expression qui est d'ailleurs revendiquée ailleurs sur ce forum. Si on laisse s'appauvrir volontairement la langue,on détruit sournoisement cette liberté. Relisons 1984.

 C'est en ce sens que le certificat d'études a été utile aux classes sociales modestes n'ayant accès qu'à l'enseignement primaire gratuit et de là obligatoire. Savoir lire, écrire et compter correctement avant d'entrer dans la vie active c'était très important et le diplôme était souvent encadré. Il était assez fréquent que dans la France rurale d'avant la première guerre et entre les deux guerres que les parents demandent à l'instituteur de présenter leur enfant à cet examen avant l'âge de 13 ans.Si l'enfant était reçu, il était autorisé à quitter l'école et pouvait ainsi travailler à l'exploitation ou ailleurs et rapporter un salaire.
Aux Archives départementales, j'ai pu consulter des circulaires rédigées par des inspecteurs rappelant  aux instituteurs qu'il convient de protéger les enfants et de ne pas céder aux demandes des familles souhaitant que leur enfant passe le certificat dès l'âge de 10 ans. C'était toléré à partir de 11 ans.
Mon père, né en 1895 a obtenu cet examen à l'âge de 12 ans au lieu de 13, et sa sœur aînée également. Leurs notes sont conservées aux archives départementales. Elles sont très bonnes mais d'autres candidats en ont encore de meilleures. Malheureusement j'ai remarqué aussi que les noms de ces brillants candidats figurent sur le monument aux morts.
 Par contre j'ai eu surtout l'agréable surprise de constater que mes grands-parents que je n'ai pas connus avaient maintenu leurs enfants une année supplémentaire à la communale afin qu'ils puissent continuer à étudier davantage. Mon père m'a souvent dit qu'il avait dévoré les classiques de la littérature au cours de cette année supplémentaire. Mes grands parents avaient connu une vie très dure et comprenaient je suppose l'importance d'une bonne instruction pour que la vie de leurs enfants soit plus intéressante.

Finalement, le certificat d'études primaires, quoi qu'on en dise, ce fut tout de même une belle histoire. Ce fut l'aboutissement du rêve des révolutionnaires de 1789 et de braves curés dévoués proches du peuple il faut le préciser, qui avaient compris que savoir lire, écrire et compter change la vie de façon décisive.
Quelques années avant la séparation de l’Église et de l’État en 1905, une religieuse était responsable de l'école des filles de mon village. Comme toutes les institutrices et tous les instituteurs elle remplissait chaque année un dossier détaillé sur les effectifs de son école, le matériel pédagogique... et le nombre d'élèves reçues au certificat d'études primaires. ( ces dossiers ont été remplis jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.) Dans l'un de ces dossiers, elle a ajouté, à côté du nombre d'élèves reçues à l'examen cette petite phrase :
" Aucune de mes élèves ne quitte mon école sans savoir lire, écrire et compter." Elle avait compris que les notions de base de l'enseignement élémentaire ce sont les fondations pour construire des êtres humains.

Veuillez m'excuser d'avoir été si longue.


Dernière édition par Cassandre 46 le Jeu 8 Aoû 2013 - 10:43, édité 1 fois
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Steph



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 10:34

Peut-être qu'à l'époque la connaissance de la langue et des mathématiques était souvent suffisante pour trouver un bon boulot. A présent on demande un peu plus...
 
Un fait est certain, c'est que le calcul mental est en train de disparaitre. Pas un seul de mes jeunes collègues (et par jeune je compte aussi ceux qui ont 30 ans) n'est capable de faire une simple règle de 3, pourtant essentielle quand on travaille au labo (calcul de dilutions/concentrations). Le problème c'est qu'on travaille en P2 et qu'il est parfois bien pratique de pouvoir calculer quand on a les 2 mains occupées sous la hotte à flux laminaires.
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 11:00

Merci Steph. Comme j'ai été documentaliste de lycée pendant une bonne quinzaine d'années, je peux vous dire qu'un jour est  parue au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale une circulaire interdisant l'enseignement de la règle de trois. Je revois encore les professeurs de comptabilité dans mon CDI exprimer leur indignation. En ce qui me concerne, j'ai appris ce raisonnement au CM1 en 1955 et je l'ai revu au CM2 en 1956.
Un jour, à la télévision, j'ai vu l'animatrice Ariane Massenet tenter de l'expliquer à Xavier Darcos alors ministre de l'Education. Elle a commencé par un raisonnement abstrait et a terminé par le raisonnement concret beaucoup plus simple tout en cachant ce qu'elle écrivait au tableau.
Je ne suis pas une matheuse et si je passais le bac scientifique, je rendrais copie blanche dans plusieurs disciplines, c'est évident. D'ailleurs je ne comprends pas ce que que vous entendez par P2 et flux laminaires ce qui justifie votre remarque.
Néanmoins quand je vois des gens prendre une calculette pour multiplier par 100 ou ne sachant plus poser une multiplication à plusieurs chiffres et encore moins une division, je m'interroge.
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narduccio



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 11:27

Cassandre 46 a écrit:
D'ailleurs je ne comprends pas ce que que vous entendez par P2 et flux laminaires ce qui justifie votre remarque.

L'indice Px est un indice du niveau de protection d'un laboratoire biologique. L'indice le plus élevé est l'indice P4. Ce sont les seuls labos qui ont le droit de "travailler" avec les micro-organismes les plus virulents. Le P veut dire pathogène.
Laboratoire P4

En France, il n'y a qu'un seul laboratoire P4, celui de l'Institut Mérieux en France.

Voici les diverses classes de danger :
Wikipedia a écrit:
Niveau 1 : Concerne les agents ne causant généralement pas de maladie chez l'adulte en bonne santé. À ce niveau, les précautions sur le matériel sont minimales, en général gants et protections faciales.Habituellement, le matériel contaminé est laissé dans une poubelle ouverte. La procédure de décontamination est similaire à toutes les protections contre les virus et bactéries fréquents (ex.: se laver les mains avec un savon antibactérien, désinfecter toutes les surfaces exposées du laboratoire, etc).
Exemples d'agents de niveau 1 : plusieurs types de bactéries dont le Bacillus subtilis, hépatite canine, Escherichia coli non pathogène, varicelle, tout comme quelques cultures cellulaires et d'autres bactéries non-infectieuses.
Niveau 2 : Concerne les agents associés à des maladies humaines dont la transmission se fait par blessure percutanée, ingestion, ou exposition à une membrane muqueuse.
Exemples d'agents de niveau 2 : Hépatite B, hépatite C, influenza, Maladie de Lyme, Salmonelle, VIH, scrapie.
Niveau 3 : Concerne les agents indigènes ou exotiques dont la contagion peut se faire par l'air et qui peuvent avoir des conséquences sérieuses voire mortelles.
Exemples d'agents de niveau 3 : Anthrax, ESB, virus West Nile, SRAS, tuberculose, typhus, Fièvre jaune.
Niveau 4 : Concerne les agents dangereux ou exotiques avec un fort risque de décès et une transmission par l'air, ou les agents similaires dont le risque de transmission est inconnu. À ce niveau de danger biologique, l'utilisation d'une combinaison Hazmat est obligatoire. L'entrée et la sortie d'un laboratoire de niveau 4 contient de nombreuses douches, une pièce sous vide, une pièce sous ultraviolet, et d'autres mesures de précautions pour détruire tout risque biologique. Des sas sont utilisés et sécurisés électroniquement pour éviter l'ouverture de plusieurs portes simultanément.
Exemples d'agents de niveau 4 : Fièvre Bolivienne, Dengue, Virus Marburg, Ebola, Hantavirus, Fièvre de Lassa, et autres maladies hémorragiques.
Niveau 5 : [non officiel] Dans d'autres États, le niveau 5 est là en prévision de virus encore plus dangereux que ceux de catégorie 4, ou bien de virus créés par l'homme, ou des virus nouveaux au potentiel pathogène très élevé, mais non précisément déterminé. Ce niveau peut aussi prévoir, selon les États, en plus des précautions techniques du niveau 4, des dispositions matérielles et organisationnelles pour effectuer une mise en quarantaine, par la force si nécessaire, en cas de contamination accidentelle.

Les bâtiments contenant des agents de niveau i sont désignés, en français, par le terme « laboratoire Pi », pour « pathogène de classe i » (lire laboratoire P4), et en anglais par le sigle BSL-i (pour BioSafety Level i).

A la porte il y a ce sigle :

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable
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Steph



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 11:37

Cassandre merci pour tes interventions intéressantes.
Si tu ne comprends pas mon vocabulaire c'est normal, c'est moi qui devrais faire attention à ce que j'écris.
P2 désigne un laboratoire de sécurité de niveau 2. En gros on travaille avec du matériel humain en principe non-contaminé ou faiblement contaminant mais par principe de précaution on estime qu'il y a un risque sous-jacent (par exemple un virus encore inconnu, non testé ou présent mais en quantité insuffisante pour être détecté). En pratique cela se traduit par des mesures d'hygiène strictes, un accès au labo limité aux personnes autorisées (la porte s'ouvre grâce à une puce magnétique) qui ont été spécialement formées et à un traitement des déchets adéquat.
Le P3 est destiné au matérial contaminé par des virus connus et dangereux comme le sida, leucémie etc. ou avec des pathogènes humains connus et dangereux. Le labo doit être dépressurisé (l'air ne doit jamais sortir) et pourvue d'un sas et on doit porter des combinaisons spéciales.
Le P4 est réservé aux maladies extrêmement dangereuses et aux armes biologiques. Les mesures sont identiques au P3 mais plus strictes: les combinaisons sont plus élaborées, la désinfection du matos et du personnel est extrêmement élaborée et le personnel est trié sur le volet. En gros tout est contrôlé à tous les niveaux. Si je ne me trompe il n'en existe que quelques uns dans le monde. Le travail en P4 est très bien rémunéré mais il faut avoir une bonne vessie, pas question de sortir toutes les heures pour aller pisser ;-)
 
Un hotte à flux laminaire est indispensable pour travailler in vitro avec des cellules en culture. Elle permet de travailler dans un milieu stérile et de limiter/annuler les risques de contamination. Comme l'intérieur de la hotte est considéré comme stérile il n'est pas conseillé de sortir ses mains pour utiliser une calculette ni de déposer une calculette dans la hotte (contamination!). En principe tout ce qui entre dans la hotte doit être stérile ou autoclavé et ce qui en sort doit être éliminé dans des poubelles spéciales, à l'exception des mains de l'expérimentateur, qui a le droit de les réutiliser ;-)
 
EDIT: posté en même temps que Nardu
 
EDIT2: pour travailler avec le virus du rhume, un P1 suffit :-)
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Anthracite



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 20:02

Je trouve également ce rappel intéressant.
Et qui prouve bien la baisse de niveau de l'enseignement au fil du temps !
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blondie



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 21:11

Anthracite a écrit:
Et qui prouve bien la baisse de niveau de l'enseignement au fil du temps !
Bonjour

Ben, pourquoi affirmer ça?

on a beaucoup plus de bacheliers qu'il y a 50 ans...Non???

Very Happy 

A quelle date, la première femme a eu son bac ?

bien avant le droit de vote...J'imagine Evil or Very Mad 

Blondie

flower
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 21:13

Merci à Steph et Narduccio car j'ai beaucoup à apprendre dans ces domaines. Je fréquente plutôt les forums littéraires ou encore encore les forums abordant divers sujets. Je suis arrivée chez vous par hasard parce qu'on y parlait du certificat d'études primaires et comme il se trouve que j'ai effectué quelques recherches sur le sujet j'ai apporté mon modeste témoignage.
Plusieurs raisons peuvent expliquer mon intérêt pour l'histoire de l'école et des pédagogues : j'ai eu de bons instituteurs, j'ai reçu une formation d'institutrice en École Normale Primaire, et j'ai exercé dans une classe unique en milieu rural avant de reprendre des études de lettres en passant par la case documentation avant d'enseigner. Au fil des années, j'ai compris que je m'adaptais assez vite quand je changeais d'activité parce que dès le départ j'avais toujours été heureuse d'apprendre, de découvrir et de comprendre à l'école malgré le matériel pédagogique réduit à sa plus simple expression.

L'école primaire a été ma seconde maison. Elle n'était pas luxueuse et ainsi je n'étais pas dépaysée. Elle était parfaitement éclairée par de grandes fenêtres donnant sur la vallée. Construite en 1923 après les bombardements de 1918, le village ruiné n'avait pas encore les moyens d'installer l'électricité et les élus avaient eu la bonne idée d'utiliser au maximum la lumière du jour en interdisant la construction de tout bâtiment à proximité. Et puis rentrer à la maison en observant la faune et la flore dont le maître avait parlé c'était un enchantement. Néanmoins, je ne m'enferme pas dans la nostalgie. Je suis grand-mère et mes petits fils aiment me parler de leurs découvertes et de leurs activités. Il faut conserver les bases élémentaires solides évoquées précédemment mais il faut également s'adapter aux découvertes et au monde qui change tout simplement.

Oui, j'ai été prof de lettres mais initier à la compréhension d'un texte repose sur son observation attentive et rigoureuse. Apprendre à exprimer sa pensée demande la mise en ordre des arguments pour aboutir à une conclusion acceptable. Tout compte fait les lettres et les sciences peuvent se rejoindre. Condorcet, Jean Rostand, ou Hubert Reeves par exemple s'expriment clairement et respectent notre langue.
J'ai vu, parmi les sujets abordés dans ce forum qu'il était question du Diable et des rutabagas pendant la seconde guerre. Dès que je le pourrai, je vous en parlerai.
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 21:25

La première bachelière en France est Julie-Victoire Daubié en 1861.
Je suis d'accord. On ne peut pas affirmer catégoriquement que le niveau d'instruction baisse.Il est difficile de généraliser. Que notre langue soit malmenée et que les repères chronologiques de notre histoire le soient tout autant, je l'ai souvent constaté mais je constate aussi qu'il y a malgré tout des profs passionnés et exigeants. Pas si simple.
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Anthracite



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Jeu 8 Aoû 2013 - 22:43

Cassandre 46 a écrit:
Je suis d'accord. On ne peut pas affirmer catégoriquement que le niveau d'instruction baisse.Il est difficile de généraliser. Que notre langue soit malmenée et que les repères chronologiques de notre histoire le soient tout autant,  je l'ai souvent constaté mais je constate aussi qu'il y a malgré tout des profs passionnés et exigeants. Pas si simple.  
Mais il y a, au moins en Belgique, des indices.

Ce que je vois du niveau de mes enfants, ce que mes parents ont vu du mien.
Entre autres, j'ai eu un prof de physique qui nous a expliqué que l'atmosphère était principalement composée d'oxygène et de dioxyde de carbone, ce qui était peut-être prémonitoire...
Un autre ayant expliqué que la zone de pénombre lors d'une éclipse de Lune était due à la réfraction.

Je n'invente rien !
Et j'ai malheureusement quelques exemples sous la main autres que la règle de trois
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narduccio



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 9 Aoû 2013 - 2:27

Le niveau risque encore de baisser si comme les USA on autorise les profs a apprendre aux enfants a écrire seulement avec un clavier et en écriture bâton ...

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable
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buck



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 9 Aoû 2013 - 9:33

Anthracite a écrit:
Cassandre 46 a écrit:
Je suis d'accord. On ne peut pas affirmer catégoriquement que le niveau d'instruction baisse.Il est difficile de généraliser. Que notre langue soit malmenée et que les repères chronologiques de notre histoire le soient tout autant,  je l'ai souvent constaté mais je constate aussi qu'il y a malgré tout des profs passionnés et exigeants. Pas si simple.  
Mais il y a, au moins en Belgique, des indices.

Ce que je vois du niveau de mes enfants, ce que mes parents ont vu du mien.
Entre autres, j'ai eu un prof de physique qui nous a expliqué que l'atmosphère était principalement composée d'oxygène et de dioxyde de carbone, ce qui était peut-être prémonitoire...
Un autre ayant expliqué que la zone de pénombre lors d'une éclipse de Lune était due à la réfraction.

Je n'invente rien !
Et j'ai malheureusement quelques exemples sous la main autres que la règle de trois
Il y a 50 ans ils n'apprenaient pas ca de toute facon

Il me semble que Narduccio nous avait sorti un texte disant pareil que la jeunesse n'apprenait plus rien, le texte datant de l'antiquite grecque ...
Ils apprennent d'autres choses c'est tout
Sur le certif, perso je suis nul en dictee, les rivieres je sais a peu pres ou c'est et en math je doia pouvoir le faire si j'en prend la peine. Et pourtant je suis capable de faire la partie d'algebre du bac de tete. Alors ....
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 9 Aoû 2013 - 11:10

Le témoignage de Buck me rappelle celui de ma petite nièce qui était en quatrième il y a 7 ou 8 ans. Elle se faisait du souci pour l'épreuve de dictée qui l'attendait l'année suivante au brevet parce qu'elle n'en faisait jamais et aurait aimé en faire. Des réformes étaient passées par là, décrétant que les dictées et la grammaire traumatisaient nos chers petits et qu'il fallait se contenter de petites remarques. Elle a obtenu son brevet et son bac avec mention puis a intégré une classe préparatoire où elle a découvert qu'elle n'était pas la meilleure et qu'une bonne maîtrise de la langue constituait un atout important.
 Revenir à l'école d'avant la première guerre où l'on apprenait par cœur les préfectures et sous-préfectures n'est pas la solution pour ouvrir les yeux et comprendre le monde actuel. De même les manuels d'histoire de cette époque étaient dangereusement politisés, invitant à la revanche avec les conséquences que l'on sait. Certaines institutrices ou instituteurs n'hésitaient pas à sévir et surtout à humilier alors que l'on peut être exigeant et stimuler la curiosité autrement.
Néanmoins, cracher dans la soupe et renier les efforts dans des conditions que nous serions sans doute incapables de supporter n'est pas la solution non plus. Maîtriser comme autrefois les quatre opérations, la règle de trois, le calcul d'un pourcentage et les grandes lignes de la grammaire de notre langue, cela me semble indispensable en dépit de l'invention de la calculette et du correcteur d'orthographe du traitement de texte. Il vaut mieux savoir distinguer ce/se, est/ ai/ et, c'est/ s'est/ sait/ sais, pour ne donner que ces exemples. Cela s'apprend et se comprend comme le reste. Ce n'est pas si difficile et n'est nullement traumatisant comme on a plus ou moins voulu nous en persuader pour mieux saborder les fondations.
Il y a une chose qui me tracassait quand j'étais gosse, c'était l'impossibilité de poser des questions sur la sexualité et la naissance des bébés. J'étais terrorisée par les " filles-mères" montrées du doigt et comme j'étais une fille je me demandais si cela m'arriverait à moi aussi. J'aurais bien voulu poser des questions à ma mère ou au maître mais je ne m'y risquais pas.

J'achève la lecture d'un ouvrage qui m'a passionnée :
La classe ininterrompue. Cahiers de la famille Sandre, enseignants, 1780-1960, présentés par Mona Ouzouf.
 Bertrand puis son fils Baptiste, puis Joseph fils de Baptiste, puis Marie fille de Joseph ont rédigé leurs souvenirs dans des cahiers.

Bertrand, né en 1772, se destine à la prêtrise mais la constitution civile du clergé et les événements de la Révolution le font changer d'avis et il se tourne vers l'enseignement de façon intermittente. Il reste fidèle à la monarchie de droit divin.

Son fils Baptiste, né en 1824, lui aussi fréquente le séminaire et se destine à la prêtrise mais à l'occasion d'un redoublement qu'il n'accepte pas, il y renonce et décide de devenir instituteur. Au séminaire, il a surtout étudié le latin, le grec, l'histoire sainte et l'enseignement des sciences était réduit à 30 mn par semaine. Il ne sait pas faire la division et doit l'enseigner à ses élèves. Aucun de ses supérieurs ne peut l'aider. Il se procure un manuel, apprend seul et non sans mal la division avant de l'enseigner.

Joseph, fils de Baptiste est né en 1863. Lui aussi renonce à la prêtrise et entre à l'Ecole Normale d’Instituteurs de Mâcon. Il est allé à pied passer les épreuves. La distance entre Mussy- sous- Dun où exerce son père est de 63 km. Joseph un instituteur très dévoué, organisé et observateur. Son souci est d'intéresser les enfants avant tout et il ne s'appuie pas sur la seule mémoire. Il rend de nombreux services dans les communes où il exerce comme secrétaire de mairie, arpenteur, animateur de sociétés, entomologiste ... Il n'arrête pas. Quand il demande sa mise à la retraite, il n'en peut plus. Il faut dire qu'il a eu parfois des classes dont les effectifs ont atteint une année jusqu'à 75 élèves. Pour nourrir sa famille de 7 enfants il cultive son jardin, entretient son verger et élève un cochon qui ira au saloir. ( Pas d'allocations familiales à l'époque.) Comme la famille est catholique pratiquante et que l'un de ses frères, prêtre, lui rend parfois visite, il ne supporte pas les remarques désobligeantes à ce sujet et revendique le droit de recevoir son frère. Il accepte que le crucifix soit décroché du mur de sa classe mais le veut sur sa poitrine avant de refermer le cercueil.

Sa fille aînée Marie, répond en 1960 à questionnaire lancé par Jacques Ouzouf ( Voir l'ouvrage : Nous les maîtres d'école. Autobiographies d'instituteurs de la Belle Époque. Collection folio histoire) dans lequel elle évoque ses motivations, son père et son travail avant la première guerre. Restée célibataire, elle envisage son métier comme un sacerdoce et termine sa carrière comme directrice d'une école à 15 classes.

La présentation de l'historienne Mona Ozouf s'achève par ces lignes :" Car c'est un métier qu'on ne peut faire sans y croire, et qu'est-ce que croire ici ? C' est, dans une incoercible surestimation intellectualiste, penser que l'acte d'enseigner change durablement la vie de façon décisive. Aucun de ces hommes ne peut admettre que l'éducation populaire développe des besoins factices. Ce serait renier leur métier, se renier eux-mêmes. Et voilà pourquoi la République d'abord honnie, devient, parce qu'elle a lié son existence à cette éducation publique, une figure, tolérée, acceptée, tutélaire enfin."


Dernière édition par Cassandre 46 le Ven 9 Aoû 2013 - 14:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 9 Aoû 2013 - 12:40

Cassandre 46 a écrit:
Il y a une chose qui me tracassait quand j'étais gosse, c'était l'impossibilité de poser des questions sur la sexualité et la naissance des bébés. J'étais terrorisée par les " filles-mères" montrées du doigt et comme j'étais une fille je me demandais si cela m'arriverait à moi aussi. J'aurais bien voulu poser des questions à ma mère ou au maître mais je ne m'y risquais pas.
Bonjour

l'avantage d'être élevée dans une ferme c'est d'avoir a sa disposition

de multiples exemples de copulation des l'enfance Very Happy 

Ainsi que toutes formes de naissances...

C'est pas sans risques... avoir aidé à "tirer"un poulain du ventre de sa mère

étant très petite ,ça ma flanquer une trouille qui n'est pas totalement effacée..

Blondie

flower
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Certificat d'étude   Ven 9 Aoû 2013 - 13:04

Oui, je suis d'accord mais chez nous il y avait une vache en pension et quand elle a vêlé, les enfants ont été priés d'aller voir ailleurs. Même chose pour la chatte ! Bon, on avait quand même bien remarqué le gros ventre. Pourquoi faire tant d'histoires quand on y pense ?
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