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  Histoire des instituteurs en France.

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Cassandre 46



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MessageSujet: Histoire des instituteurs en France.   Mer 16 Oct 2013 - 14:44

La famille Sandre.

L’historienne Mona Ouzouf, retrace l’histoire de cette famille d’après quatre cahiers  conservés dans la famille jusqu’à nos jours depuis le XVIII° siècle, dans l’ouvrage "  La classe ininterrompue. Cahiers de la famille Sandre, enseignants. 1780-1960." Hachette littérature, 1979, 437 pages.

Du Directoire à la V° République, ces cahiers présentent quatre récits rédigés par quatre personnes unies par la filiation et le métier : celui d’instituteur et d’institutrice  et le plus souvent en milieu rural.

Bertrand Sandre, né en1772, rédige en 1798 Histoire de ma vie. Le récit est à la troisième personne. Issu d’une famille de négociants dans la région de Briançon, plutôt aisée et soucieuse de donner une instruction à ses enfants en les envoyant au couvent ou au séminaire. Bertrand se destine à la prêtrise comme l’ont déjà fait plusieurs membres de sa famille et poursuit des études lui permettant de suivre cette voie. La Révolution de 1789 suivie de la Constitution civile du clergé le décide à renoncer à ce projet car il refuse de prêter serment. La suite des événements le conduit à s’expatrier à Gênes où il devient quincailler. Il revient néanmoins régulièrement en France à Chantemerle dans les Hautes Alpes, où son épouse dirige avec ses domestiques une importante exploitation tout en étant attentive à l’éducation de leurs 14 enfants. Les malheurs de son commerce le contraignent à revenir en France et il songe à ouvrir une école. Il a été un temps précepteur chez un riche marchand de draps à sa sortie du séminaire. Les notables de Chantemerle lui envoient volontiers leurs enfants essentiellement durant l’hiver. Néanmoins, Bertrand, qui a pleuré la mort de Louis XVI, met fin à l’expérience, le jour où un fils de menuisier monte sur la table en criant : «  Vive la République ! »

Baptiste Sandre, son fils, né en 1824, apprend le latin et le service de la messe auprès de son oncle, curé à la cathédrale de Gap. Quelques années plus tard, contraint, par des pères maristes, de redoubler sa rhétorique  au motif de couplets imprudemment exaltés dans un hymne à l’ange gardien, il est dégoûté d’un coup de la prêtrise et décide d’être instituteur public. Il exerce comme instituteur public indépendant dans plusieurs communes de Saône et Loire dans des classes aux effectifs particulièrement chargé allant jusqu’à 90 garçons à Iguerande ou Gilly sur Loire. Chantre à l’église, il compose des hymnes religieux ce qui ne plait pas toujours à la municipalité en place. Il se rend compte que ses études au séminaire ne lui ont pas tout appris. Il peut enseigner à lire et à écrire mais il ne maîtrise pas les quatre opérations. Comme aucun de ses supérieurs ne peut lui transmettre les secrets de la division, il devient son propre instituteur et se met à la tâche pour maîtriser cette opération et l’enseigner.
Il s’oppose au Préfet qui limite le nombre maximum d’enfants bénéficiant de la gratuité de l’enseignement primaire et s’il apprend qu’une famille n’envoie pas tous ses enfants à l’école parce que tous ne bénéficient pas de la gratuité, il n’hésite pas un instant à les accueillir pour les instruire. Il met au point un Livret d’écolier permettant de suivre les progrès de l’élève et ouvre un cours d’adultes. En 1861, il participe au Concours entre les instituteurs. Sur les besoins de l’Instruction primaire dans une commune rurale du point de vue de l’école, et rédige un important mémoire sur le sujet. En 1880, il est mis d’autorité à la retraite par le Préfet de la République pour avoir reçu dans son école la visite d’un curé accompagné d'un père jésuite. Il obtient la gérance d’un magasin d’objets pieux à Paray- le- Monial dont les pères jésuites seront expulsés. L’un de ses fils est ordonné prêtre en 1889.
Sa vie privée est marquée par la mort de 5 de ses enfants et l’une de ses filles demeure invalide à la suite d’une maladie.  Très attaché à sa famille, il est particulièrement affecté par ces épreuves. Son récit, entrepris à la fin de sa vie est rédigé à la première personne.
La commune de Mussy sous Dun où il a exercé de 1864 à 1867  lui rend hommage sur le site non officiel de la commune.

Joseph Sandre, son fils, né en 1850
, reçoit une éducation religieuse à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort. Il entre à l’Ecole Normale de Mâcon en 1867. Il a effectué à pied les 80 km allant de Mussy sous Dun à Mâcon en compagnie de son père qui l’a préparé, lui et un ami, aux épreuves du concours. Pour constituer son trousseau il a dû travailler environ 3 mois comme canut pour le compte d’une importante soierie lyonnaise. Il ressent douloureusement le choc de la guerre de 1870 et prend ses distances avec son père Baptiste auquel il reste néanmoins très attaché. Il se marie en 1871 et tient une comptabilité très serrée. En 1877, avec deux enfants à charge, ses revenus se limitent à son salaire, 800 francs ; le chant à l’église, 100 francs ; le secrétariat de mairie, 60 francs, et divers travaux, 20 francs. Comme il rembourser 175 francs d’emprunt, il reste 1,10 franc par personne et par jour. Le couple aura 7 enfants et élèvera la fille de l’un de leur fils veuf à deux reprises. Au cours de sa carrière, Joseph exerce dans plusieurs localités. A Bragny et Saint-Vincent, dépendant du canton de Palinges en Saône et Loire, il n’y a qu’une seule école pour les deux communes qui ont chacune leur maire et leur presbytère. Il a donc 75 élèves garçons dans sa classe et sa collègue institutrice environ autant. Il les divise en 4 niveaux et s’organise au mieux. Il manque des tables et fait appel à la charité publique pour s’en procurer.                                                                                
En 1889, il est déplacé à Ormes car il a déplu dans la localité précédente, à la femme du sénateur. Il est mal accueilli par le maire, hostile à la religion et est l’objet de plaintes venant d’habitants n’ayant pas d’élèves à son école. Ses compétences et ses résultats lui permettent de s’intégrer mais, victime d’une cabale dont il démasque les instigateurs, il choisit de terminer sa carrière à Vérizet où il restera dix ans et déploiera une activité débordante jusqu’à sa retraite. Se sentant épuisé à la fin de l’année 1905, il sollicite sa retraite.
Au centre de la vie communale, Joseph, curieux de tout et avide de connaissances dans de nombreux domaines, reste néanmoins le dernier des personnages dans la hiérarchie des notables et fréquente plutôt les humbles. Il définit ainsi son choix de vie   «…entièrement à ma tâche et me tenant éloigné des discussions politiques, des rivalités locales et de tous les « potins » de village où l’on ne peut que se brûler les ailes. »  Catholique fervent, il demande à être enterré avec le crucifix qui a été enlevé de sa classe. Néanmoins, confiant dans le progrès en marche le trésor qu’il a toujours conservé précieusement n’est pas une médaille pieuse mais un autographe de Pasteur. Ses mémoires, rédigés à la première personne offrent un témoignage remarquable de la société rurale de son temps et de son évolution.

Marie Sandre,fille aînée de Joseph
est demeurée célibataire pour se consacrer totalement à sa famille puis   à son métier, répond en 1961 à une enquête menée par jacques Ozouf aux instituteurs retraités de la III° République. Elle a 80 ans. Formée l’École Normale d’Institutrices de Mâcon, elle obtient son premier poste en 1900 et achève sa carrière comme directrice d’une école à 15 classes au Creusot. Son fiancé n'a pas compris que les charges familiales nécessitaient une certaine attente et l'a quittée pour un mariage financièrement intéressant qui aboutira à un divorce.

Son neveu Yves Sandre, né en 1913, agrégé de Lettres, a conservé les cahiers de Bertrand, Baptiste et Joseph. Il a enseigné en lycée jusqu’en 1965 et plus particulièrement à Vitry le François de 1936 à 1957, puis est devenu maître de conférences jusqu’en 1975. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, de romans pour la jeunesse et a romancé l’histoire de ses ancêtres dans deux ouvrages : Marchands de participes et  Marie des autres publiés aux éditions du Seuil.
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Joseph fait le bilan de ses dix dernières années d’exercice à Vérizet.

«  J’ai exercé mes fonctions pendant 10 ans à Vérizet et ces 10 années comptent assurément parmi les plus laborieuses de ma longue carrière.                                      
 L’on conçoit quels labeurs je devais m’imposer : à l’amicale, c’était le souci de la bonne marche de la société, les réunions, les conférences populaires avec projections lumineuses, l’organisation de nos fêtes, les répétitions des chants et des saynètes ; à la société des secours mutuels j’avais les assemblées générales, les allocutions du président, les comptes rendus moraux et financiers du trésorier, les toasts de M. Large, ses discours aux funérailles des sociétaires, les comptes rendus des séances, l’établissement deux fois par an du compte des recettes et des dépenses, les statistiques annuelles, la recette des cotisations quand Charles Janaud était empêché ; aux pompiers, à la mutuelle- bétail, je donnais souvent un coup de main pour les diverses écritures ; le syndicat des digues, le bureau de bienfaisance me prenaient encore un certain tems ; à la mairie , la besogne était écrasante : il y avait toujours quelque projet en l’air, de volumineux dossiers à préparer pour l’achèvement de la maison d’école des filles, dont les travaux chevauchèrent sur trois exercices, la construction des lavoirs et d’abreuvoirs publics, l’établissement ou la rectification des chemins,, tout ecla en surplus de la besogne courante ; puis des arpentages ; divers travaux pour les particuliers (…) ; la monographie de Vérizet –Fleurville en quatre volumes, ; divers travaux pour l’académie et pour M. de Quercize ; une correspondance personnelle très chargée…que sais-je encore ? Ma vie à Vérizet , je l’ai dit souvent, était un véritabletourbillon.(…) Mais, comme je l’ai souvent dit aussi, je me délassais d’un travail par un autre travail ; et tout au moins y avait-il quelque variété dans mon surmenage. Tout cela d’ailleurs ne m’empêchait nullement de cultiver mes fleurs et mes légumes et d’avoir le jardin le mieux tenu du pays ; ni non plus de me donner tout entier à mon école et de faire mes cours aux adultes trois mois de l’année
. »

Voici maintenant une présentation du premier des deux romans d'Yves Sandre retraçant l'histoire de ses ancêtres. : Marchands de participes.
Je n'ai pas terminé la lecture de Marie des autres.
Dans ces deux romans, le patronyme Sandre devient Ranson mais les prénoms sont conservés. L'ouvrage de Mona Ouzouf et la fresque romancée d'Yves Sandre s'éclairent réciproquement et donnent à réfléchir sur la volonté d'instruire le peuple.

Marchands de participes.

Roman d’Yves Sandre publié aux éditions du Seuil en 1962. 255 pages.
Yves Sandre est né en 1913 à Epinac-les- Mines en 1913 en Saône et Loire de parents instituteurs. Professeur de lettres à Vitry le François de 1936 à 1957, puis maître de conférences, il est l’auteur de recueils de poèmes, d’essais satiriques, d’une pièce radiophonique et de plusieurs romans dont certains pour la jeunesse.

Le titre est explicité par l’un des personnages du roman, Jacques Ranson, à la page 29. Ancien séminariste, ayant renoncé à la prêtrise dans la tourmente révolutionnaire, puis échoué dans le commerce d’une quincaillerie à Gênes et ne parvenant à rouvrir une boutique dans la région de Briançon où son épouse dirige une exploitation, il décide de devenir instituteur pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Le ministre de l’Instruction publique, François Guizot, a en effet réussi à faire voter le 28 juin 1833 un projet de loi prévoyant une école et une salle d’asile par commune de plus de 500 habitants. L’année suivante Jacques Ranson, déclare : «  Puisque je ne peux plus être marchands de casseroles, je serai marchand de participes. (…) Je vendrai des participes, reprit son mari avec exaltation. Et des règles de calcul aussi, et du chant, et de l’Histoire Sainte. Bref, tout ce qu’il faut à un homme pour être honnête. Demain, je me mettrai en quête d’un local ; puis je demanderai au menuisier Pillot de me fabriquer quelques tables et quelques bancs. Je descendrai à Briançon acheter les livres et cahiers nécessaires. Chaque élève me donnera quinze francs pour l’année. Ainsi je contribuerai au budget de la famille et notre fils Jean-Baptiste aura un bon instituteur. »

Ce roman s’appuie sur 3000 pages de mémoires des ancêtres de l’auteur
 dont l’historienne Mona Ozouf  donne de larges extraits précédés d’une présentation très claire et pertinente dans l'ouvrage présenté précédemment : La classe ininterrompue. Cahiers de la famille Sandre 1780-1960. Hachette littérature 1979.

L’action de Marchands de participes se déroule essentiellement au XIX° au fil des différents régimes politiques - Royauté, Seconde République, Second Empire et Troisième République – en passant par différentes réformes de Victor Duruy à Jules Ferry. Le lecteur découvre l’évolution du métier d’instituteur  en milieu rural et dans des conditions matérielles rudimentaires. La première salle de classe est l’étable familiale où il fait moins froid mais où l’humidité ambiante détrempe le papier et l’encre des cahiers. L’école est d’abord ouverte de la Toussaint à fin avril quand les travaux des champs nécessitent de la main d’œuvre. La maison école n’est pas toujours un lieu accueillant et accessible surtout quand un orage entraîne le délabrement du toit et qu’un conseiller général bloque le dossier de la construction d’une école neuve tant qu’un chemin conduisant à son imposante demeure n’aura pas été mis en état. Le logement de l’instituteur se réduit à deux ou trois pièces quelle que soit le nombre d’enfants mais la présence d’un jardin est néanmoins appréciée. « L’école communale, située à cent mètres de là, était vaste mais délabrée. Les murs éclataient en lézardes noires, les plafonds suaient le moisi ; on pouvait faire la classe au premier étage en des salles hautes à peine de deux mètres mais le rez- de- chaussée était inhabitable. »
La nature est largement présente qu’il s’agisse des paysages des Hautes Alpes ou de ceux de la Saône et Loire. Hostile ou apaisante, il faut composer avec les saisons quand les écoliers affrontent la neige. «  L’hiver fut rude. Comme la couche de neige dépassait un mètre, les enfants, pour faire leurs trois kilomètres, adoptèrent la formation des oiseaux migrateurs : le premier de la file frayait le chemin dans une matière éblouissante et crissante ; ses forces épuisées, il cédait la place à son suivant. » Inversement, elle peut se révéler bienfaisante : « A deux reprises, il aspira l’air frais qui, parti de la Loire, se chargeait des senteurs plantureuses ramassées au flan des collines. Malgré sa fatigue, l’instituteur se sentit soudain d’aplomb, harmonieux, enraciné dans cette terre parée de fruits et de brouillards subtils. »

 Le déroulement au quotidien de l’existence des deux personnages principaux, Jean-Baptiste et Joseph Ranson constitue le fil conducteur du roman. Yves Sandre a modifié le patronyme de ses ancêtres mais a conservé les prénoms. L’un et l’autre doivent affronter les impératifs du corps, les heurts avec les proches, les affronts des nantis, les préjugés divers et les événements politiques.
                                                                                                                 
 Jean-Baptiste Ranson, fils de Jacques Ranson doit surmonter de nombreuses épreuves. Il perd 5 de ses 8 enfants. Parmi les survivants, une fille demeure handicapée, un fils devient instituteur et l’autre doué pour la musique devient prêtre. Après avoir débuté comme instituteur dans l’étable familiale, il est nommé en Saône et Loire et exercera dans plusieurs communes de son département. Passionné par son métier, et malgré des classes aux effectifs très chargés allant parfois jusqu’à 90 élèves, il met au point un livret scolaire mesurant les progrès des élèves, et rédige un mémoire sur l’organisation de l’enseignement primaire en tenant compte du contexte économique et social qui inspirera plus tard les réformateurs. Il n’imagine pas une école où l’éducation religieuse serait absente. «  L’école obligatoire et gratuite, je suis d’accord, finit-il par dire à Joseph, en lissant sa barbe blanche, qui se projetait en éventail. L’école laïque, jamais. Où allons-nous si Dieu déserte l’école ? (…) Pour moi, dit le vieil instituteur en frappant sur la table, l’âme compte plus que la science. » Jean-Baptiste, estime que le peuple français ne mérite pas encore la république et espère le retour de la royauté avec Henri V, duc de Chambord.
                                                                                   
Joseph Ranson, fils de Jean- Baptiste, demeuré catholique pratiquant, n’y croit pas  et, bien que très attaché à son père, se range à l’avis de son ami républicain Pierre Michelot qui estime que cet enseignement doit être assuré par les curés. « Joseph ne répondit pas, fit un effort pour comprendre son père, durci par les deuils et les vexations, que seule sa foi vivifiait encore comme une source fraîche. Au- devant de quelles déceptions nouvelles n’allait-il pas, à cause de son intransigeance ? »  Les personnages secondaires sont multiples : épouses dévouées et complices, jalouses parfois, frères et sœurs, supérieurs hiérarchiques, hommes politiques influencés par la conjointe pour rendre la vie impossible à l’instituteur et le contraindre à une mutation sans se soucier des obligations familiales, sans oublier les enfants. Ils s’affrontent ou se soutiennent selon les événements.
Par exemple Joseph exprime son enthousiasme envers les idées de Jean Macé et les projets de loi de Jules Ferry reconnaissant le métier à sa juste valeur. L’instituteur gagnera sa vie décemment pour faire vivre les siens et exprime son espoir  en des jours meilleurs avec enthousiasme : « Alors, s’écria-t-il avec gaité, est-ce qu’on n’est pas bien chez soi ?... un bon père, de beaux enfants, de quoi manger, une belle maison d’école…où l’on va aménager un logement pour mon adjoint… Tu te rends compte, papa ?...je vais avoir un adjoint ... cinquante élèves au lieu de cent… »
Cependant, quand il apprend que son père est  durement rappelé à l’ordre et mis d’office à la retraite parce qu’il persiste à s’inspirer de l’Evangile et des cantiques pour ses dictées au lieu de faire étudier  Hugo, Balzac ou Michelet comme le fait son fils, instituteur modèle, Joseph est révolté et songe à démissionner, ce dont son père le dissuade. Il est trop attaché à son fils, sa bru et à ses petits enfants pour les laisser s’engager vers des lendemains d’incertitude et de misère, cette misère dont il a tant souffert.

L’évolution du métier d’instituteur tout au long du XIX° siècle est un douloureux combat pour sa pleine reconnaissance dans le cadre d’une véritable laïcité qui finit par triompher.  Ce roman s’inscrit dans une fresque qui se poursuit avec Marie des autres.  Aux pages sombres et pathétiques succèdent des moments de bonheur simple et partagé sans oublier certaines scènes où se glisse un humour tendre et discret rendant les personnages encore plus attachants dans leurs imperfections profondément humaines.[/b]


Dernière édition par Cassandre 46 le Ven 18 Oct 2013 - 18:53, édité 2 fois
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blondie

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Ven 18 Oct 2013 - 16:33

Cassandre 46 a écrit:
L’évolution du métier d’instituteur tout au long du XIX° siècle est un douloureux combat pour sa pleine reconnaissance dans le cadre d’une véritable laïcité qui finit par triompher.
Bonjour

Comme c'est lointain tout ça!!! Very Happy 
Pendant le XIX° s. l'instituteur c'est donc fait une place entre le maire et le curé
et durant XX° s, il a été souvent représentant de la gauche militante dans nos provinces
et au XXI° s ,il disparait Very Happy  devenant Professeur de Ecoles : travail surtout de discipline
et d'enseignement..

D'accord  Je résume, je résume.....

Mais c'est comme ça que je vois les choses Shocked 

Blondie flower
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Ven 18 Oct 2013 - 19:32

La gauche militante de nos provinces confondait parfois laïcité et anticléricalisme borné. Ma belle-mère, née en 1908 au sein d'une famille nombreuse de petits viticulteurs ma parlait souvent de son institutrice qui avait refusé de la présenter au certificat d'études primaires au motif qu'elle ne serait pas reçue. En réalité elle n'appréciait pas que la mère de ma belle-mère aille à la messe tous les soirs. Son père par contre n'était pas pratiquant. Ce dernier décida donc de présenter la gamine en candidate libre et elle fut reçue avec mention " Bien." Un demi-siècle plus tard et même davantage ma belle-mère n'avait pas oublié le part-pris de son institutrice.

Je connais une institutrice âgée de 80 ans qui a fréquenté la même École normale que moi mais une quinzaine d'années plus tôt. La directrice de l’École normale des filles et le directeur de l’École normale de garçons s'étaient mis d'accord sur les heures de sorties pour que garçons et filles ne se rencontrent pas sur le quai de la gare. N'était-ce pas copier sur le couvent et le séminaire ?
Dans une moindre mesure, j'ai connu cette volonté de diriger la vie des futures institutrices, les instituteurs étant plus libres, jusque dans les moindres détails la vie privée. C'était envahissant et étouffant. Toute médaille a son revers. Recevoir une solide formation au métier, nous apprendre à nous organiser et à transmettre des connaissances solides, insister sur la conscience professionnelle et tout cela avec peu de moyens parfois, je l'apprécie encore. Mais diriger notre vie privée en nous conseillant le mariage avec un instituteur ou un ingénieur,en nous indiquant aussi comment nous devions utiliser le temps libre, j'ai toujours refusé.

Il n'empêche : nous leur devons beaucoup à ces instits. Bien sûr, certains et certaines étaient bornés et ont fait des dégâts mais celles et ceux qui se dévouent auprès des plus démunis et ne font pas la une de l'actualité, méritent notre estime.
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Anthracite

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Dim 20 Oct 2013 - 16:27

blondie a écrit:
Cassandre 46 a écrit:
L’évolution du métier d’instituteur tout au long du XIX° siècle est un douloureux combat pour sa pleine reconnaissance dans le cadre d’une véritable laïcité qui finit par triompher.
Bonjour

Pendant le XIX° s. l'instituteur c'est donc fait une place entre le maire et le curé


Blondie flower
Et même dans la première moitié du siècle suivant.
Chez nous, on parlait du docteur de l'instit et du curé.
En ce qui concerne le maire (bourgmestre ou mayeur en Belgique) il appartenait généralement aux deux premières catégories précitées...

Citation :
D'accord Je résume, je résume.....
Moi aussi.
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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Dim 20 Oct 2013 - 20:15

C'est exact, l'école laïque au XX° siècle fut longtemps prisonnière d'un conservatisme frileux et d'un ordre social ne tolérant aucun écart de conduite venant, à mon humble avis, de la morale judéo-chrétienne culpabilisante. Je connais un instituteur qui s'était marié pour régulariser comme on disait. Lui et son épouse sortaient tout juste de l’École Normale. L'Administration voulait radier l'épouse de l’Éducation nationale pour immoralité. Les professeurs et le syndicat se mobilisèrent pour la défendre et obtinrent gain de cause. C'était le début de la guerre d'Algérie. L'instituteur y fut envoyé comme beaucoup d'autres appelés du contingent ce qui signifiait plus de deux ans sans salaire. Sa femme resta seule avec l'enfant à élever.
En 1967, l'une de mes collègues, enceinte et abandonnée par le père de son enfant, fut déplacée de la campagne vers la ville pour que sa situation ne déshonore pas la profession.
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narduccio



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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Dim 20 Oct 2013 - 23:58

Cassandre 46 a écrit:
la morale judéo-chrétienne
Comment dire ... Pour ceux qui s'intéressent vraiment à comment a été bâtie notre morale ... je dirais qu'il y a bien peu de judéo, là-dedans. On devrait parler de morale payano-greco-chrétienne pour ne pas dire trop de bêtises.

En fait, la morale judéo-chrétienne n'existe que parle fait qu'on la dénonce. L'essentiel de notre culture occidentale s'est bâtie sur une base greco-romaine, matinée de pratiques germaniques, tout cela plus ou moins christianisé au cours du Moyen-Âge. Par exemple, si notre morale était vraiment judéo-chrétienne, le droit au divorce existerait depuis longtemps. Plusieurs siècles au moins. C'est qu cours du XIXème siècle que cette appellation apparait chez certains essayistes qui veulent se libérer de la culture de leur époque en prônant le retour vers une idyllique morale naturelle qui n'existe pas plus, elle aussi.

PS: j'ai oublié les celtes. Une partie de l’Église du Moyen-Âge vit dans un idéal créé par les religieux d'origines irlandaise qui ont fusionné la pensée druidique tardive (du IV-Vème siècle) avec le christianisme naissant.

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Cassandre 46



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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Lun 21 Oct 2013 - 10:24

Alors dans tout cela, d'où vient précisément cet acharnement à culpabiliser, sanctionner et condamner parfois cruellement la sexualité féminine ? Et pourquoi cet acharnement a-t-il persisté tout autant et aussi longtemps au sein d'une institution supposée transmettre le savoir, l'esprit critique, le respect de l'autre et bien entendu la devise de la République ?
Quand j'étais gamine, les filles-mères étaient montrées du doigt et les jeunes filles qui ne se mariaient pas en blanc suspectées d'avoir... fauté. Bien entendu, je posais des questions sur cette faute mais les grandes personnes me répondaient toujours que ce n'était pas de mon âge. Il ne fallait surtout pas en causer.
Aujourd'hui, on peut, encore que ...
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narduccio



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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Lun 21 Oct 2013 - 16:35

Cet "acharnement" commence a la fin de l'époque médiévale. Contrairement à ce que l'on croit, l'époque où l'on brûle les sorcières, c'est la Renaissance et ça continue jusqu'à l'époque des Lumières ...

Étonnamment, ce sont dans les zones où le pouvoir est le moins concentré et où l’Église est la plus controversée qu'on va le plus brûler de sorcières ...

De plus, certaines des bases de la religion juive correspondent assez bien avec une société d'éleveurs. Dans notre soit-disant morale "judéo-chrétienne", c'est des règles adaptées aux agriculteurs avec transmission du domaine aux hommes (les seuls "capables" de développer un domaine agricole où les travaux lourds sont réservés aux hommes). En fait, on porte souvent un jugement en fonction de ce que l'on voit à l'instant t. Quand on regarde comment çà c'est construit, on se rend compte que de nombreuses choses que l'on croit aujourd'hui sont erronées. Pendant les Croisades, ce sont les femmes qui ont maintenus les domaines seigneuriaux. Choses quasi impensables 3 siècles plus tard où dans de nombreux cas on met les femmes sous tutelles. Il y a aux alentours des XIII, XIV siècle un fort recul de la condition féminine. Il ne vient pas de la présupposée racine juive de notre culture. Surtout qu'à cette époque-là, on commence à brûler régulièrement des juifs et à les soupçonner de tous les maux.

Au sein de l’Église catholique, il y a, à ce moment-là, une crise morale assez profonde. Certains aimeraient revenir à une Église plus proche d'un supposé idéal biblique. D'autres voudraient aller vers plus d’Universalisme. La synthèse des 2 mouvements se fera sur le dos des femmes. Le plus anti-féministe des Apôtres serait Paul qui serait aussi l'Apôtre le plus anti-israélite et qui entérine la cassure entre le christianisme naissant et la religion juive. Avant Paul, le christianisme n'est qu'une secte juive. Après Paul, c'est une nouvelle religion indépendante.

Que les chrétiens du XVIII et XIXème siècle fassent partie des classes les plus conservatrices de la société occidentale est un fait. Mais, une partie de leur conservatisme ne vient pas de la chrétienté. D'ailleurs; une partie des Lumières a cherché à masquer ce que la démarche vers une société plus juste devait à l’Évangile, et donc à l’Église.

Au fait, je tiens à préciser et certains pourront te le confirmer : je suis athée. C'est juste que j'aime trop la vérité historique pour prendre plaisir à voir certaines légendes urbaines perdurer. Et quand elle provienne de "milieux instruits", cela m'horripile encore plus.

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blondie

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Lun 21 Oct 2013 - 18:38

Cassandre a écrit:
Alors dans tout cela, d'où vient précisément cet acharnement à culpabiliser, sanctionner et condamner parfois cruellement la sexualité féminine ?
Bonjour

Peut-être simplement le sens de la propriété...

Une femme libre c'est le cauchemar du notaire pour des successions problématiques
et la guerre dans les chaumières Very Happy 

l'utérus se doit de suivre les règles de la généalogie dans une sainte ignorance de connaissances condamnables!

Blondie flower
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Anthracite

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Lun 21 Oct 2013 - 20:02

L'homme était le chasseur dont dépendait la survie de la tribu.
Il était normal que la femme, cet être imparfait, s'occupe de reproduction, mais pas n'importe comment et avec n'importe qui !
C'est souvent ce qui se passe dans le monde animal et plus particulièrement chez les primates.
Juste un petit bémol, il a fallu quelque cent miles ans pour que le mâle s'aperçoive que les conditions environnementales avaient changé.
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Lun 21 Oct 2013 - 23:13

blondie a écrit:
Cassandre a écrit:
Alors dans tout cela, d'où vient précisément cet acharnement à culpabiliser, sanctionner et condamner parfois cruellement la sexualité féminine ?
Bonjour

Peut-être simplement le sens de la propriété...

Une femme libre c'est le cauchemar du notaire pour des successions problématiques
et la guerre dans les chaumières Very Happy 

l'utérus se doit de suivre les règles de la généalogie dans une sainte ignorance de connaissances condamnables!

Blondie flower
C'est exact. La différence du statut de la femme à l'époque médiévale change au moment où les règles successorales et la société évolue. L'utérus de la femme est un peu celui qui gère la succession et la place dans la hiérarchie de l'époque. Pour cela, on va enfermer les femmes pour être sur que ce qui sort des utérus correspond bien à ce qu'il doit être ... En fait, c'est plus proche des règles grecques de la société. C'est la femme qui décide en quelque sorte de qui sera le prochain duc ou le prochain propriétaire du champ d'à coté. Et les patriarches veulent être sûr que des bâtards ne vont pas troubler les règles du jeu ... Du coup, on enferme la propriétaire de l'utérus, on la marginalise et on en fait une mineure perpétuelle ... Rien de religieux là-dedans. Ou plutôt si, la religion a servi a justifier la mise en place de ce statut de mineure.

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 0:19

Anthracite a écrit:
L'homme était le chasseur dont dépendait la survie de la tribu.
Il était normal que la femme, cet être imparfait, s'occupe de reproduction, mais pas n'importe comment et avec n'importe qui !
C'est souvent ce qui se passe dans le monde animal et plus particulièrement chez les primates.
Juste un petit bémol, il a fallu quelque cent miles ans pour que le mâle s'aperçoive que les conditions environnementales avaient changé.
Encore un cliché. A la meilleure période du néolithique, les quelques chasseurs du clan (sans doute accompagnés d'ailleurs de quelques adolescentes) chassaient en quelques heures la nourriture de la semaine. Un peu de travail pour préparer et conserver la viande et ensuite, il n'y avait plus grande chose à faire du reste de la semaine ...

Plusieurs études montrent que dans certaines périodes, un clan vit en n'ayant besoin que de 10 à 15% de la viande disponible sur pied dans les 10 km à la ronde... C'est pour cela que de quelques chasseurs au km2 la densité à augmentée jusqu'à nous obliger à inventer l'agriculture.

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 11:23

La religion catholique a toujours justifié ce statut de mineure effectivement, et jusqu'à une époque encore récente, quitte à entrer en complète contradiction avec le dieu d'amour.

En janvier 1971, une lycéenne de Reims avait accouché seule dans les toilettes de l'internat. L'enfant avait été retrouvé peu après par une femme de service et l'élève étant passée à l'infirmerie pour demander une serviette périodique fut rapidement identifiée. L'affaire fit grand bruit et la une des journaux. Accusée dans un premier temps de non assistance à personne en danger, la lycéenne fut prise en charge par les services sociaux et une psychologue. Elle reprit son enfant et l’allaita. La sœur aînée de cette lycéenne avait été mise à la porte de la maison familiale parce qu'elle était mère célibataire. La cadette savait donc ce qui l'attendait.
A l'époque, j'achevais mes études dans la cité des sacres et ma future belle-famille catholique pratiquante me demanda si j'étais au courant. Comment ne pas l'être ? A ma grande surprise, je constatai que l'indignation l'emportait largement sur la compassion. Comment pouvait-on ainsi abandonner sa chair et son sang ?
Je fis observer que le père de l'enfant avait abandonné la mère, d'une part, et que les grands-parents du bébé n'avaient pas manifesté de solidarité familiale. Ne pouvait-on pas parler d'abandon de famille ?
Eh bien non. Le père ce n'était pas la même chose et les grands parents supportaient le déshonneur.
Je demandai alors aux femmes présentes si elles avaient accouché dans la solitude et dans l'exiguïté d'un WC et si cette jeune fille méritait vraiment de risquer sa santé voire sa vie dans de telles conditions alors qu'il existait plusieurs maternités dans la ville.
Et comme on me demandait si j'approuvais le comportement de cette jeune fille, je répondis simplement que pour une non baptisée je faisais peut-être preuve de plus de charité chrétienne que bien des pratiquants, et débat fut clos dans un silence gêné.
Il existe un court roman de Jules Renard ayant pour titre Crime au village. Une jeune servante de ferme est engrossée par le fils du patron qui se moque d'elle. Elle accouche seule dans la campagne et tue l'enfant qu'elle fait disparaître et rongée par le remords elle met fin à ses jours en se jetant dans le feu de la cheminée. Le village va aux obsèques. Le père de l'enfant se dit que tout de même l'alerte a été chaude. Certes, il s'agit d'une fiction, mais une fiction est presque toujours ancrée dans la réalité. Jules Renard comme Maupassant observaient minutieusement la réalité.

Il se trouve que je suis en train de travailler à un exposé sur La flûte enchantée de Mozart, œuvre composée peu avant sa mort à la fin du siècle des Lumières. Si la reine de la nuit est présentée comme hypocrite, jalouse, et prête à tout pour obtenir le pouvoir jusqu'à inciter sa fille à tuer, Pamina au contraire lutte contre ses angoisses et ses terreurs, prend l'initiative d'aider Tamino à surmonter les épreuves de l'initiation à la sagesse et tous deux méritent de succéder au sage Sarastro.
Le siècle des Lumières est celui de Condorcet, largement en avance sur son temps mais la lutte contre l'obscurantisme, les superstitions est toujours d'actualité.
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 11:56

Vous allez ma fille voguer vers Cythère
Mais j'ai le devoir de vous avertir
Puisqu'il faut parler de choses vulgaires
Evoquant les feux qui vous font frémir
Evoquant les feux qui vous font frémir
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Qu'elle soit couchée ou genoux en terre
Point d'égarements en puissants soupirs
En cris émouvants "Ah je vais mourir"
Prise de cent mille ou d'une manière
Prise de cent mille ou d'une manière
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Assaillie devant brisée par derrière
Si vous vous sentiez prête à défaillir
Songez à l'enfer songez aux martyrs
C'est en revivant ce qu'ils ont souffert
C'est en revivant ce qu'ils ont souffert
Qu'une femme honnête n'a pas de plaisir

Monsieur le curé le disait naguère
A la frêle enfant en proie au désir
On peut succomber mais ne point faillir
Même en se livrant aux joies solitaires
Même en se livrant aux joies solitaires
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Cédant aux folies d'autres partenaires
S'il vous arrivait de vous divertir
En brisant les liens que l'hymen inspire
Sachez qu'au sein même de l'adultère
Sachez qu'au sein même de l'adultère
Une femme honnête n'a pas de plaisir

Et si votre époux glacé de colère
Eperdu d'amour et fou de désir
Vous criait un jour "On dirait ta mère!"
Ce beau compliment devrait vous réjouir
Ce beau compliment devrait vous réjouir
Une femme honnête n'a pas de plaisir

(J. Ferrat)
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 11:59

bonjour

On m'a dit que jadis les curetages étaient fait sans anesthésie...
pour punir...A mais !!!
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 12:00

Je sais que je vais passer pour un vilain rétrograde machiste, tant pis.
Car j'ai des yeux et des oreilles et quand je vois le nombre de femmes qui jouent de leur utérus comme du violon, qui l'utilisent pour ainsi dire comme d'une arme, je me demande si nous ne sommes pas allés trop loin dans l'autre extrême.
Le fait est qu'un certain nombre de femmes font des enfants pour s'assurer une rente à vie et là il y a un vrai problème, mais faut pas trop en parler parce que les féministes ont le vent en poupe.
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 12:04

steph a écrit:
Une femme honnête n'a pas de plaisir
Dans le même esprit, j'ai vu une chemise de nuit, sur laquelle était brodée:

"Je le fais pour Dieu mais pas pour le plaisir"

C'était le bon temps Very Happy 

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 16:03

Cassandre 46 a écrit:
La religion catholique a toujours justifié ce statut de mineure effectivement, et jusqu'à une époque encore récente, quitte à entrer en complète contradiction avec le dieu d'amour.
Faux ... seulement depuis environ le XIIème siècle. Et la religion orthodoxe l'aurait fait un peu avant ...

Il y a ce que l'on croit et ce que l'on sait. Ce que l'on sait évolue en même temps que la connaissance et les découvertes scientifiques. Ce que l'on croit évolue beaucoup plus lentement. La morale judéo-chrétienne fait partie des croyances d'une partie de la population. Ce nom a été d'abord instauré pour vilipender et rabaisser cette vision de la société. Depuis quelques temps, des gens se croient autorisés à réclamer qu'on la remette en place ...

Dans les faits, elle n'est pas judéo-chrétienne. Elle serait plus agricultero-chrétienne. Du moins pour cet aspect. D'autres aspects sont plus liés aux racines celtes ou aux racines germaniques.

Mais, les études peuvent se multiplier, je constate que même dans des milieux "instruits" ont préfère continuer à croire aux légendes urbaines plutôt que de privilégier la vraie connaissance apportée par les études historiques basées sur une méthode rigoureuse. Donc, en complète opposition avec les méthodes du "roman national" cher à un Zeymour ou à un Deutsch.

Quant aux Lumières, il y a autant d'écrits pro-feminisme qu'anti-féminisme. Et les exégètes de certains auteurs préfèrent ne pas parler de certaines œuvres qui les feraient passer pour de vilains rétrogrades.

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 16:27

Eh oui, il y a ce que l'on croit, ce que l'on fait dire et ce que l'on veut faire croire et gare à celui qui cherche à comprendre au lieu de se soumettre.

Alors au XVIII°, je pense à Rousseau. La future compagne d'Emile, Sophie, n'est pas particulièrement mise en valeur... Je ne parle pas d'Olympe de Gouges...
Et dire qu'il a fallu que les femmes fassent leurs preuves pendant deux guerres pour obtenir le droit de vote !
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 16:39

Salut

Cassandre a écrit:
Et dire qu'il a fallu que les femmes fassent leurs preuves pendant deux guerres pour obtenir le droit de vote !
Et maintenant, lorsque le vote n'est pas obligatoire,une grande partie ne vont pas voter, valait bien la peine ! et les hommes ? bof pas mieux, préfère rester dans leurs pantoufles que faire preuve de civisme. Et puis viendront pleurer lorsque un petit homme à moustache avec un mèche de cheveux qui lui barre le front viendrait à être élu.

Le Vieux qui ira toujours voter que le vote soit obligatoire ou pas.

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 17:11

Cassandre 46 a écrit:
Et dire qu'il a fallu que les femmes fassent leurs preuves pendant deux guerres pour obtenir le droit de vote !
A la fin de la Première guerre, les femmes faillirent obtenir le droit de vote. Ce fut le Sénat qui fit barrage et plus particulièrement les députés et sénateurs de gauche. Ils avaient peur que les femmes, forcément plus influençables, votent selon ce que leur indiqueraient leurs curés. Les femmes étaient réputées plus conservatrices que les hommes.

C'est le GRPF et de Gaulle qui imposèrent le vote des femmes. D'ailleurs, les assemblées provisoires des mouvements mis en place par de Gaulle présentent une étonnante curiosité. Officiellement, de Gaulle et ses gouvernements se réclamaient de la législation qui existait en France avant juin 1940. Or, dans les diverses assemblées consultatives, il y eût tout de suite des femmes de nommées. Une seule siégea, Marthe Simart, mais deux furent nommées. Marthe Simart, déjà citée et Lucie Aubrac qui ne put se rendre en Algérie du fait de sa grossesse puis de la naissance de sa fille.

Lorsque l'Assemblée Consultative Provisoire se déplace à Paris, il y eût 16 femmes de nommées :  Lucie Aubrac, Madeleine Braun, Gilberte Brossolette, Marie Couette, Claire Davinroy, Andrée Defferre-Aboulker, Alice Delaunay, Martha Desrumeaux, Annie Hervé, Marie-Hélène Lefaucheux, Mathilde Gabriel-Péri, Pauline Ramart, Marthe Simard, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Marianne Verger et Andrée Viénot.

Si le texte qui accordait le droit de vote des femmes fut voté à l'unanimité de l'Assemblée moins 1 voix, la discussion fut plus âpre pour l’amendement Grenier qui demandait qu'on attende pas les élections suivantes pour mettre le vote des femmes en application, mais qu'on l'autorise pour les élections constituantes qui étaient prévues quelques semaines plus tard. Ce qu'en rapporte wikipédia éclaire bien la vision de certains des messieurs de gauche (mais aussi de certaines femmes qui avaient peur que leur partis souffre d'un vote conservateur trop fort qu'ils prévoyaient :

Wikipédia a écrit:
Lors des discussions, la commission a déjà « adopté le principe du vote des femmes » (à l'unanimité moins une voix). Néanmoins, cette commission avait également adopté « que les femmes ne voteraient pas aux élections provisoires qui auraient lieu en cours de Libération », dixit François Giacobbi. Ce-dernier déclare : « N'oubliez pas que le délai de trois mois que nous avons prévu pour la reconstitution des listes électorales est extrêmement court […]. D'autre part, il est établi qu'en temps normal les femmes sont déjà plus nombreuses que les hommes. Que sera-ce à un moment où prisonniers et déportés ne seront pas encore rentrés ? », ce à quoi Fernand Grenier répond : « l'éloignement de leur foyer de nombreux prisonniers et déportés qui ont été remplacés dans leurs tâches par leurs femmes confère à ces dernières un droit encore plus fort de voter dès les premières élections ». Certains, comme le délégué Ernest Bissagnet, s'inquiète de voir que « l'amendement Grenier amènera un déséquilibre très net, car il y aura deux fois plus de femmes que d'hommes qui prendront part au vote », d'autant plus que le groupe des résistants indépendants avait admis de ne pas faire voter les femmes pour les premières élections, craignant un « déséquilibre », ce à quoi le délégué Albert Darnal répond « est-ce à dire que les femmes françaises sont des déséquilibrées ? ». D'autres, comme Louis Vallon déclare qu'il « retrouve dans ce débat les traditions de l'ancien Parlement français dans ce qu'elles avaient de plus détestable. A maintes reprises, le Parlement s'est prononcé à la quasi-unanimité pour le principe du vote des femmes mais, chaque fois, l'on s'est arrangé par des arguments de procédure pour que la réforme n'aboutisse pas ».
Voici la liste de ceux qui ont voté contre : Marcel Astier, Hyacinthe Azaïs, Albert Bosman, René Cassin, Michel Dumesnil de Gramont, Max Francke, Noël Gandelin, François Giacobbi, André Hauriou, Jean Jacques, Charles Laurent, Henri Maillot, Marc Rucart, Paul Valentino, Paul Viard.

Ordonnance du 21 avril 1944

Du coup, lors des élections constituantes, ce seront 33 femmes qui auront l'honneur de siéger pour la première fois dans une Assemblée Nationale :
Wikipédia a écrit:
Quelques mois plus tard, les élections législatives du 21 octobre 1945, qui installent une assemblée constituante, sont ouvertes aux femmes et aux militaires, et permettent à 33 femmes d'entrer pour la première fois de l'Histoire à l'Assemblée nationale : 17 sont communistes, 6 socialistes, 9 appartiennent au MRP du général de Gaulle et une provient de l'éphémère Parti républicain de la liberté.

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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 17:30

On ne peut pas dire que ca aille mieux, depuis ;-)
Mais au moins on a des pourris et des vendus des 2 sexes!
Chez nous c'est madame Lindner qui en prend plein la vue en ce moment (et c'est mérité).
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 19:20

Le Vieux a écrit:
Salut

Cassandre a écrit:
Et dire qu'il a fallu que les femmes fassent leurs preuves pendant deux guerres pour obtenir le droit de vote !
Et maintenant, lorsque le vote n'est pas obligatoire,une grande partie ne vont pas voter, valait bien la peine ! et les hommes ? bof pas mieux, préfère rester dans leurs pantoufles que faire preuve de civisme. Et puis viendront pleurer lorsque un petit homme à moustache avec un mèche de cheveux qui lui barre le front viendrait à être élu.

Le Vieux qui ira toujours voter que le vote soit obligatoire ou pas.
Et tu as tout à fait raison, bien que les vrais choix soient très limités !
Le tout est de ne pas voter comme papa.
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 19:21

Si je ne fais pas erreur, dans l'adaptation télévisée de Jean-Louis Lorenzi du roman de Michel Peyramaure Le bal des célibataires, on voit l'institutrice se réjouir du droit de vote accordé aux femmes par l'Assemblée Nationale au lendemain de la guerre 14-18, mais un journaliste tempère son enthousiasme en l'avertissant de l'opposition probable du Sénat.
Au lendemain de cette guerre, fut votée la loi de 1920 obligeant les femmes à repeupler la France en interdisant tout ce qui pouvait y mettre un frein à savoir la moindre information sur le fonctionnement du cycle menstruel, les méthodes possibles de contraception et la chasse aux avorteuses risquant la guillotine. Cette loi ne fut abrogée qu'en décembre 1967 et remplacée par la loi du député Lucien Neuwirth, ami de De Gaulle. Inutile de dire que les arguments de l'époque s'opposant à cette loi lors des débats  à l'Assemblée feraient bien rire aujourd'hui. Des années plus tard, j'ai eu l'occasion d'entendre Lucien Neuwirth à la télévision s'exprimer sur sa volonté de voir aboutir cette loi, abrogeant celle de 1920 évidemment, autorisant la contraception et une information saine sur la sexualité dans les programmes scolaires. Il expliquait que durant ses études de droit, l'une de ses camarades avait été mise à la porte de chez ses parents parce qu'elle était enceinte et que cette injustice lui paraissant insupportable il avait décidé de la combattre.
En 1967, j'avais 21 ans et je venais d'être majeure. J'avais suivi les débats avec intérêt mais j'avais remarqué que  bien des personnes, d'âges divers mais plutôt marquées par une vie sous l'emprise du tabou, hommes ou femmes d'ailleurs, s'indignaient de ce pouvoir nouveau des femmes, bouleversant l'ordre établi jusque là. Je me rendis compte que les mentalités ne changeaient pas d'un coup de baguette magique.
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MessageSujet: Re: Histoire des instituteurs en France.   Mar 22 Oct 2013 - 19:22

Steph a écrit:
On ne peut pas dire que ca aille mieux, depuis ;-)
Mais au moins on a des pourris et des vendus des 2 sexes!
Chez nous c'est madame Lindner qui en prend plein la vue en ce moment (et c'est mérité).
Mais que ne feraient pas certains pour le pouvoir ?
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