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 Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.

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Pancréas

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MessageSujet: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Jeu 27 Mai - 22:35

Enfin dérive... Je n'ai pas assez d'expérience pour aller jusqu'à de tels jugements, même si j'ai ma petite idée sur la question.

L'exposé suivant va être long, laborieux (vu ma journée) et je ne sais pas encore où cela va me mener... Bref.
Pour expliquer mes opinions, je vais avoir besoin de déballer ma vie et mon parcours scolaire. Je ne cherche pas à faire passer ça pour une vérité générale, c'est juste une illustration.


Tout commence au collège, où j'ai de très bonnes notes partout, mais j'ai bien du mal à me décider quant à mon parcours professionnel*. Je vais donc voir le conseiller d'orientation pour avoir des... Conseils.
Ceci est le premier tableau perverti que l'on va m'offrir, sur le lycée et les études supérieures. Comme tout bon conseiller, on m'a bien fait comprendre que la seule voie possible était le bac S, et que si je choisissais un bac STL (ou autre), je risquais de trop me "spécialiser" et donc de finir comme bête assistante de labo au lieu du chercheur renommé que je pourrais devenir.
Quant à la fac, c'est doctorat ou rien, parce que sinon il n'y a pas de formation digne. Les classes prépas, IUT, DUT etc J'en ai même pas entendu parler...

Fin 3ème, je pars donc dans un lycée technique pour faire un bac S, je redouble ma seconde pour cause de crise d'adolescence aïgue, et enchaine première S et terminale S spécialité physique-chimie (je voulais prendre bio mais mon lycée ne propose pas cette spécialité) [D'ailleurs je n'ai entendu parlé de cette spécialité que... L'année où je devais la choisir, avant personne n'en parle...].
Là aussi je vais voir des conseillers d'orientations et je parle à mes profs, parce que je ne sais pas quoi faire après, enfin si, une vague idée, ça parle de génétique...
J'essaie aussi de me renseigner sur le volume horaire et le rythme de travail à la fac. Là c'est une deuxième vision apocalyptique qui s'offre à moi sur le sup' : J'apprends qu'à la fac, on a jamais cours (ou presque), et que glandouiller suffit amplement pour s'en sortir, j'ai aussi des avis totalement contradictoires sur les volumes horaires, qui oscilleraient entre 2 et 10h par jour.

J'arrive donc à la fac de bio (après avoir eu mon bac à ras les pâquerettes), pas très rassurée et en territoire inconnu.
J'y découvre de nouvelles matières aux noms étranges, et un déséquilibre énorme entre les matières. J'ai découvert qu'une L1 c'était une seconde générale version bio.

La critique suivante s'adresse autant à la fac, qu'à la première ou terminale S, nous n'avons pas des cours, mais un catalogue de thèmes, et il est bien difficile de tout retenir, ou de se faire une idée de l'étendue des connaissances que l'on survole en 1ans. Je ne parle même pas d'approfondissement, à moins d'être insomniaque c'est vraiment ardu...

Plusieurs exemples:
La philosophie: C'est intéressant, et j'ai trouvé ça utile. Mais à quoi bon passer à peine 3 semaines sur un seul thème sans l'approfondir? Mon homme qui était en prépa PTSI puis PSi à l'époque, n'avait qu'un thème par an en philo ! Et cela semblait 100 fois plus intéressant puisque l'approfondissement était total... Enfin bon, rien que pour ça, je serais bien allée en prépa...

La physique: Entre la spécialité et le programme over-chargé, c'est tout simplement immangeable quand on accroche pas trop. On survole les sujets, on passe de la difficulté minimale à maximale en 2 paragraphes et il faut franchement en vouloir pour garder les yeux ouverts.

C'est pareil pour l'SVT, les maths, l'histoire-géo, le français***...

Je comprends tout à fait qu'au sortir du bac, on est théoriquement capable d'aller dans n'importe quelle fac sans être trop largué, et aussi que nous avons besoin de savoir pas mal de choses théoriques avant de passer aux grands raisonnements et à la pratique pure et dure.
Cependant cette acharnement à raccourcir les heures mais pas le contenu des programmes, à ne pas présenter certaines matières plus tôt, au secondaire à la place de la L1 par exemple ou encore rendre le programme du collège un peu plus utile, ça me laisse pantois...

Sans compter le manque d'information entre chaque secteur, j'ai l'impression que le collège est quelque chose de coupé du monde et que plus personne ne se souvient de comment cela se passe au lycée ou à la fac...
D'ailleurs, j'estime que le collège prépare très mal à l'entrée au lycée, en fait j'ai trouvé le collège beaucoup trop simple par rapport à ce que l'on attend de nous plus tard.

Je me sens larguée, et transformée en statistique dans un monde éducatif où les profs deviennent intolérants et non pédagogues**, avec des élèves qui n'ont pas reçu assez de claques étant gamins****...

Je ne parle pas non plus du gouffre qui sépare le monde du travail, des bacheliers nouvellement promus qui s'imaginent valoir quelque chose sur le marché du travail et des DRH qui réclament toujours plus d'expérience alors que ce n'est pas faisable...

J'arrive à la fin de ma première année, et je ne sais pas si je vais l'obtenir, je n'ai pas travaillé assez régulièrement, mais il est aussi difficile de s'accrocher à des matières qui nous plaisent lorsque l'enseignement est mal fait. (attention je ne rejette pas la faute sur les profs, j'ai une grande part de responsabilité dans tout ça, mais il y a aussi ce marasme ambiant qui ne pousse ni à s'investir, ni à travailler, ni à se donner du mal... Ainsi que les matières dont on est totalement dégouté à cause d'un prof ou de difficultés récurrentes...)

Je suis jeune et inexpérimentée, il y a sans doute des réactions à tempérer, mais pour tout dire, la société dans laquelle je vis m'angoisse, me déprime totalement et m'empêche de savoir où je veux aller et comment y aller...

Sur ce beau pavé, je vais me coucher. Merci à ceux qui m'auront lu jusqu'au bout.



Notes:

*Tiens d'ailleurs en parlant d'orientation. C'est un sujet où j'ai un peu le cul entre deux chaises... D'un côté je me dis que d'avoir à choisir sa future carrière en 3ème c'est bien trop tôt, et trop de responsabilités. D'un autre côté, je me dis que si l'on ne fait pas ce choix tôt, il est compliqué de choisir plus tard, puisque le système tend à nous rendre productif rapidement. Enfin bon à re-développer. Ou question à reposer.

** La non-pédagogie, je l'ai vraiment touchée du doigt à la fac. Il y a certains profs, où rien qu'à les voir arriver un quart d'heure en retard, on sent qu'ils n'ont pas envie de nous apprendre quelque chose. Heureusement il reste encore de bons profs, je ne critique pas l'homme, mais le tuteur, le pédagogue, parce que je suis sûre que ces enseignants chercheurs sont de bons chercheurs, cependant apprendre quelque chose avec eux est un calvaire.

***Le français et son enseignement c'est un peu mon cauchemar de Darwin à moi. J'adore lire et avoir de bonnes notes en français sans rien faire, n'est pas un problème me concernant. Mais qu'est-ce que c'est que ce massacre?
On nous fait décortiquer des textes jusqu'à l'os, pour essayer d'en dégager une pseudo-analyse mal faite et mal comprise par les élèves. Comment ramener des élèves à la lecture avec quelque chose d'aussi terre-à-terre et rébarbatif?
Pour moi cela revient au découpage de la poésie par un médecin légiste.
Entre l'idée que je me fais de l'apprentissage de notre langue/culture et ce que l'on ose appeler enseignement, il y a un gouffre...
C'est entre autre pour cette raison que je ne suis pas allée en fac de lettre...

**** S'il y a bien quelque chose qui m'agace, c'est l'irrespect et l'insolence. Plus ça avance, plus j'ai l'impression d'être née à la mauvaise époque, je ne comprends pas ma génération.

Edit: Je suis aussi très très très remontée contre cette supercherie qu'est le bac, mais ce sera pour un autre jour cheers
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Michel99



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Jeu 27 Mai - 23:07

Il parait qu'en France on est champions du monde pour raccourcir le temps de ... (Mettre ce qu'on veut dans les ...) tout en devant en faire autant.

Pour ce qui est de l'orientation j'ai plutôt l'impression que la consigne généralisée se trouve dans des brochures pédagogiques "Disez non à la drogue" et fatalement si tu n'est ni membre d'un gang ni dealer ça tombe un peu à plat.

Maintenant le seul conseil d'orientation que je pourrais donner c'est : Imagine toi en train d'expliquer ton taf à un groupe de personne attentives et intéressées.
Ça devrais te donner réellement une idée de ce que tu souhaite faire.

Pour le reste, ben, j'essayerais de fréquenter des Forums d'étudiants et de profs de cette discipline, ça te donnera les deux sons de cloche et surement plus d'information qu'un conseillé qui a potassé sa brochure.



Michel99, qui a passé des heures a expliquer son parcourt de porno star a une foule attentive et qui fréquente assidument les forums spécialisés.
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jibus



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Jeu 27 Mai - 23:11

c'est dommage, je suis super speed.. sinon j'aurai bien dit un truc intelligent..

alors, a defaut de mieux, je vais dire des conneries...

concernant les conseillers d'orientation, j'ai du mal avec ce truc. difficile, quand tu as 15 ans, de savoir ce que tu veux faire dans la vie, de vouloir t'orienter.

plutot que de dire aux gens "tu aimes ca? c'est con, t'es nul en maths, alors c'est foutu, ne fais pas ce que tu aimes et suis plutot cette voie qui t'emmerdera et dont tu ne te sortiras pas, mais j'ai l'obligation de te faire sortir de l'autre parce que vraiment, les maths, c'est pas pour toi et t'es foutu d'avance", pourquoi ne pas tenter de trouver des profs qui aiment leurs metiers...

eh ouais, mine de rien, une des bases de l'ecole et de l'education, c'est le prof. perso, etant relativement intelligent, je n'ai jamais eu de problemes... mais, tout pareil, ca m'a toujours sidere de voir des profs qui font leurs cours de maniere inerte, sans interagir avec les eleves, sans chercher a rendre interessant...

bien sur, c'est plus complique...

j'ai eu quelques profs qui savaient maintenir les gens eveilles, qui sortaient un peu de la stricte theorie de leur cours et racontaient des anecdotes sur le pourquoi et le comment, racontaient comment avait ete decouverte telle ou telle chose, ou donnaient des exemples pratiques, pis qui rigolaient un peu... ces quelques profs m'ont marque

sinon, moi, je suis arrive en terminale sans savoir ce que je voulais... je me debrouillais a peu pres bien partout, meme si, tout pareil, le francais et l'etude de textes c'etait de la dissection de textes... avec des jolies phrases toutes faites ou on te parle de la cristallisation des sentiments dans le texte, ou qu'il s'agit d'un microcosme dans le macrocosme... autant de choses qui, plus que de te faire aimer et comprendre le texte te font remplir des feuilles et des feuilles de choses inutiles..

de la, ne sachant vers quoi m'orienter, j'ai fait prepa.. j'ai survecu et j'en ai meme de bons souvenirs.

concernant le passage du college au lycee.. c'est la meme chose pour le passage de maternelle a primaire, de primaire a college, ou du lycee a la fac...

mine de rien c'est un grand changement dans la vie de l'eleve, un changement necessaire, mais qui ne peut guere se preparer... chaque etape est la pour apporter des bases qui aident a passer a l'etape suivante. mais, a l'etape suivante, tu te retrouves forcement face a des choses nouvelles, a plus de boulot (meme si je n'ai guere commence a bosser que en premiere, et encore a peine)... et ca, on ne t'y prepare pas dans les etapes d'avant, tu n'es pas encore suffisamment mur pour ca..

sur ce je file, commme je disais je suis speed..

'jib
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jibus



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Jeu 27 Mai - 23:12

Michel99 a écrit:
Michel99, qui a passé des heures a expliquer son parcourt de porno star a une foule attentive et qui fréquente assidument les forums spécialisés.

Laughing Laughing Laughing Laughing

encore un qui se donne corps et ame a son travail!!

'jib
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jibus



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 1:16

Pancréas a écrit:
j'ai aussi des avis totalement contradictoires sur les volumes horaires, qui oscilleraient entre 2 et 10h par jour.

tu as du mal comprendre.. le volume horaire oscille entre 2 h par jour, et 10 h par semaine...

c'est a dire que si de lundi a jeudi tu ne fais rien, faudra bosser 10 h le vendredi.. mais c'est vrai que c'est pas facile, le vendredi c'est la pré fin de semaine, alors faut aller boire des binouzes avec les potes en racontant des betises et en refaisant le monde..

Pancréas a écrit:
La critique suivante s'adresse autant à la fac, qu'à la première ou terminale S, nous n'avons pas des cours, mais un catalogue de thèmes, et il est bien difficile de tout retenir, ou de se faire une idée de l'étendue des connaissances que l'on survole en 1ans. Je ne parle même pas d'approfondissement, à moins d'être insomniaque c'est vraiment ardu...

euh, la fac je ne connais pas. la terminale, j'ai fait terminale C. mais la terminale, c'est quand meme pas le bout du monde et c'est loin d'etre une etape ou tu dois etre insomniaque pour suivre

Pancréas a écrit:
La philosophie: C'est intéressant, et j'ai trouvé ça utile. Mais à quoi bon passer à peine 3 semaines sur un seul thème sans l'approfondir? Mon homme qui était en prépa PTSI puis PSi à l'époque, n'avait qu'un thème par an en philo ! Et cela semblait 100 fois plus intéressant puisque l'approfondissement était total... Enfin bon, rien que pour ça, je serais bien allée en prépa...

la question est de savoir: vaut-il mieux connaitre a fond un seul sujet, ou connaitre un peu de plusieurs sujets?

si tu fais a fond un seul sujet, c'est bien, tu deviens un expert sur ce theme.. mais, au debut du cursus, l'interet est de presenter un peu tout ce qu'il y a. de la, ca donne plus de flexibilite par la suite, tu peux te debrouiller sur un peu de tout...

un exemple, de mon cas particulier, je suis ingenieur informatique... alors, dans l'universite ou j'etais, la mentalite etait d'essayer de te montrer un peu de tout. du coup, il y avait des cours sur: comment marche un processeur, un reseau, une base de donnees, un systeme operatif, la 3D, les systemes temps reels, la robotique, l'algorithmique, des langages de programmation, de la programmation multi-machine, etc, etc... bref, tu vois plein de themes, et tu n'approfondis pas vraiment beaucoup, juste un ou 2 trucs qui te plaisent vraiment...

le gros avantage c'est que tu as une vision globale de l'informatique, tu sais comment marche un peu de tout et comment tout est interconnecte. du coup, si on te soumet un probleme, tu peux voir les consequences plus loin que le bout de ton nez...

Pancréas a écrit:
C'est pareil pour l'SVT, les maths, l'histoire-géo, le français***...

en gros t'es nulle en tout...

'jib
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Nieur



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 1:20

Intéressante ton analyse du lycée et de la fac. Pour ma part, je n'ai pas du tout ressenti ça (bac S, fac de biochimie)
- au lycée, des profs incompétents (sisi, j'ai eu ça en physique : quand le prof comprend pas son cours, il a du mal à le faire comprendre...), et d'autres très pédagogiques (un prof de maths qui nous a appris à réfléchir plutôt qu'à apprendre des théorèmes et les restituer, comme on le demande finallement au bac) et des matières en décalage total avec le besoin (le "français" n'est plus du français mais de la littérature avec des textes à la con à étudier, décortiquer, analyser, soupeser, disséquer..... dans quel but ? Mieux comprendre ? Bof. Idem avec la philo et ses grandes envolées de branlette intellectuelle. Oups j'ai dit branlette.

- la fac : l'abandon total. Des matières ésotériques, des applications étranges. Des cours structurés autrement en amphi, énormément de travail perso et non demandé à fournir. Des branleurs dans tous les coins (enfin surtout ceux qui venaient de la fac de droit d'à côté)

Contrairement à toi, je savais ce que je voulais faire (avant d'aller à la fac). Je ne savais pas COMMENT y parvenir, mais j'ai fait des études "pour mes parents" histoire de pas m'engager dans la vie active sans bagage.
Mais comme toi, j'ai bien compris que sans filière générale, point de salut.
Les prépas etc, connaissais pas.

Au final, j'ai fait de l'informatique. Un peu par hasard, mais comme j'adorais ça, et que je suis plutôt pas mauvais dans ce domaine, ben... j'y reste. Et ma culture biologique me permet de briller en société study

Alors certes, si c'était à refaire, je referais différemment. Je m'orienterais peut-être vers un IUT plutôt que la fac. Mais c'est trop tard, et je ne pourrais réparer mes erreurs que chez mes gamins. A condition que ces p'tits cons fassent pas une fac d'histoire de l'art, de lettres modernes, de psycho, de philo ou autre usine à chômeurs. P'tits cons !

Quoiqu'il en soit (et là je vais faire le vieux con (j'ai 30 berlots. Je te parais vieux, j'ai connu la guerre du golfe en direct à la télé. Mais crois moi ça vient vite :p), mais c'est important) : les études, c'est à un moment cool de la vie : la chouille entre étudiants, les sorties, les (petits-)copin(e)s. Mais les études sont d'une importance énorme, surtout en France où l'employeur regarde le diplôme avant l'expérience (même s'il demande toujours l'expérience qu'on ne peut pas avoir avant.... d'avoir de l'expérience). Alors serre les dents, accroche-toi à tes études si tu veux en faire. Ne fais pas les choses à moitié pour les regretter ensuite. Sinon, tes 45 ans de cotisation vont te sembler bien longs !

PS : je suis informatologue, mais y'a des moments au boulot où je me dis que, finallement, potier ça doit être un métier vraiment sympa.

Quoiqu'il en soit : bon courage !

Edit : Jib, elle est pas nulle en tout, elle est bonne à rien. Spa pareil teudieu !
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jibus



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 1:29

Nieur a écrit:
Edit : Jib, elle est pas nulle en tout, elle est bonne à rien. Spa pareil teudieu !

moi je ne suis pas bon a tout, et mauvais dans le reste..

'jib, pour qui il est l'heure de rentrer dans ses pénates..
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BioHazard

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 9:26

Quand je pense aux commentaires disant que je vous pondais de vrais pavés, et pas simplement dans la mare, je pense que je ne suis désormais plus le seul à avoir le clavier fougueux...

Je dois bien avouer que j'ai trouvé cette petite discussion plutôt réjouissante et j'en remercie d'autant plus notre nouvelle Pancreas d'avoir bondi a pieds joints dans le plat pour éclabousser un système à bout de souffle. Toutefois, aussi réjouissante soit cette discussion, je m'inquiète encore plus sur le moral des étudiants. Oh je ne me leurrais pas, derrière la médiocrité moyenne inhérente au mode d'inscription dans nos facultés, se cache une crise grave, une crise morale, une crise de conscience, une crise de confiance aussi. Combien sont les étudiants dont je vois, dans le regard, cette interrogation jamais satisfaite : "Mais qu'est-ce que je fous là ?".

Comment a-t-on pu en arriver là alors qu'à la fin des années 1970, la France brillait encore dans le palmarès de l'enseignement supérieur mondial ? Est-il vraiment possible que nous soyons tombés aussi bas ? Que nos universités soient devenues des laminoirs à étudiants doit-il être considéré comme une fatalité ?

En fait, le système dont nous parlons, le système éducatif français, n'en est pas un car il n'est pas unifié. En fait, il y a deux systèmes en un (et sans doute même plus si l'on considère les récentes filières techniques et professionnelles), et ces deux principaux systèmes qui nous intéressent en particulier n'interagissent pas, ils ne communiquent pas ensemble, pire encore : ils s'ignorent ! En clair, nous sommes en présence de deux parties qui ne parlent pas la même langue. D'un côté, l'enseignement secondaire, mammouthesque, frappé d'immobilisme et dont la mentalité vérolée par un syndicalisme de mauvais alloi en fait une administration absolument incapable de s'adapter à son époque. De l'autre côté, un enseignement supérieur qui s'accroche contre vents et marées, telle une moule sur son rocher, à son sacro-saint modèle français, républicain mais du XIXème siècle, l'enseignement pour tous mais au détriment du dépassement de soi et de l'excellence.

En pratique, les lycèes prodiguant l'enseignement général préparent les futurs étudiants à entrer dans un monde qui a cessé d'exister il y a une trentaine d'années. Même les plus jeunes enseignants sortant des IUFM sont incapables d'adaopter un regard critique sur leur cursus universitaire. La sclérose de l'enseignement secondaire, c'est son manque de recul, c'est le syndrome de la chrysalide, isolée de ce qui l'entoure, bien peinarde mais bien emmerdée quand le papillon sort du cocon... On ne va pas tout le temps charger les enseignants du secondaire qui doivent également suivre des programmes inadaptés élaborés par des bons à rien bien au chaud au fond de leur ministère et leurs rectorats régionaux. Que savent ces bureaucrates des besoins du corps universitaire et des futurs étudiants pour les 3 à 12 ans qui suivront ? La réponse malheureuse à cette question est simple : RIEN ! Lequel d'entre nous, universitaires, a-t-il déjà rencontré un conseiller d'éducation de l'éducation nationale venir s'enquérir des nécessités en terme de connaissances et de méthodologie que se doivent d'acquérir les futurs étudiants ? Une nouvelle fois, la réponse est simple : PERSONNE.

Et puis, il y a l'ONISEP. Ah ! L'ONISEP ! Si cette agence n'existait pas, elle ne nous manquerait pas, bien au contraire, elle nous ferait des vacances et nous permettrait d'éviter certains drames dus à des erreurs d'aiguillage. Combien d'étudiants ai-je vu pour ma part faire demi-tour en cours d'année ou plus grave encore, décider d'arrêter leurs études parce qu'un jour, un conseiller d'orientation de l'ONISEP leur a malheureusement donné un conseil ? Petite illustration : cette année, le guide publié par l'ONISEP sur les filières offertes par mon UFR reprenait la plaquette qui avait été éditée par l'université en... 1998 !

Que dire aussi du niveau de formation désastreux de nos enseignants du secondaire ? Vous avez déjà entendu parler un prof d'anglais dans la langue qu'il est sensé enseigner ? Et la pédagogie dans tout ça ? C'est un fait, mais il est réel : on ne s'improvise pas enseignant, il faut déjà en avoir la fibre. L'enseignement, c'est avant tout la passion de partager, sans pédanterie, son savoir. Et cela ne va pas sans méthode, sans rigueur, sans organisation, et sans psychologie. Le problème est que tous ces points ne figurent pas dans les programmes d'enseignement des IUFM. Alors à quoi bon ?
Je dois admettre que considérant ces différents points, il faut aux jeunes enseignants tout frais sortis de leurs IUFM une bonne dose de courage ou d'inconscience pour se jeter dans la fosse aux lions !

Et l'université dans tout ça ? Elle aussi en complet décalage avec l'enseignement secondaire, en décalage avec son époque, en décalage avec le monde de l'enseignement et de la recherche au niveau mondial. Nous souffrons nous aussi d'une profonde crise des vocations et je suis le premier à le reconnaître : tous les chercheurs ne sont pas faits pour l'enseignement, et beaucoup ont d'ailleurs horreur de ça. Mais voilà, les maîtres de conférance et autres professeurs des universités ne jouent pas toujours le jeu, déléguant à qui mieux-mieux leurs heures de cours pour différentes raisons toutes plus oiseuses les unes que les autres. Le facteur temps est aussi une variable terrible pour l'enseignement universitaire : les heures d'enseignement n'entrent que très rarement dans le calcul des heures de travail effectives des chercheurs (je suis bien placé pour le savoir) et quand la pression scientifique mondiale vous pousse à publier toujours plus, vous vous retrouvez parfois contraint à bâcler bien contre vous, ce qui "rapporte" le moins à votre unité, à votre UFR et à votre université. Car, ne nous leurrons pas, ce n'est pas l'enseignement qui rapporte aux universités (ça se saurait), mais sa production intellectuelle mesurée en volume d'articles publiés dans des revues scientifiques hermétiques, toujours plus nombreuses et inaccessibles au commun des mortels.

La sacro-sainte course au facteur d'impact... Tout cela devient ridicule. Les unités de recherche et les universités se voient attribuer des points à chaque fois qu'un groupe de chercheurs publie un article. Si vous publiez dans Science ou Nature, vous aurez 20 points qui seront immédiatement convertis en espèces sonnantes et trébuchantes. Par contre, si vous publiez dans une revue nébuleuse éditée au fin fond du Kazakhstan, ne comptez même pas sur la reconnaissance de votre doyen...

J'ai la chance de diriger une unité de recherche parfaitement atypique dans le système français, une unité mixte publique-privée fonctionnant avec des capitaux de type caritatif. Nous sommes essentiellement motivés par l'innovation et l'excellence, la pression éditrice n'est que relative pour nous car nous nous donnons le temps de développer et de tester, c'est l'un des grands avantages de la recherche clinique. Mais il y a là aussi des progrès à faire car en plus des travaux de recherche et d'enseignement je suis également en charge des aspects juridiques, éthiques, administratifs et financiers qui ne me laissent que peu de répit (je vous parle même pas de ma vie privée).
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Le Vieux

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 10:48

Salut

Je ne peut pas dire grand chose, mais j'ai l'impression que le problème n'est pas inhérent au seul hexagone, mais également chez nous, la qualité de l'enseignement à également périclité.
Je ne crois pas que l'enseignement en lui même soit fautif à 100%, nous sommes à un tournant de société, nous constatons une espèce de mal être chez les jeunes (et pas seulement chez eux).
Manque t'il d'idéaux, de discipline, d'ennemis ou que sais-je ?

Mais ce n'est que mon avis.

Le Vieux dont la vie est plus derrière que devant .

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S'occuper des grands problèmes de ce monde c'est bien, et même très bien, s'asseoir sous un arbre et regarder les nuages passer c'est très bien aussi (L.V.)
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Pancréas

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 13:36

jibus a écrit:
tu as du mal comprendre.. le volume horaire oscille entre 2 h par jour, et 10 h par semaine...

Si si. D'un côté j'ai un élève qui me dit que son frère y est, et qu'il a cours 8h par jour, et de l'autre une étudiante qui me sort: "Moins de 4h par jours, tous les jours". C'est pour cela que j'ai nommé ce que l'on m'a dit: "vision chaotique" puisque personne n'a été foutu de me dire la même chose...

jibus a écrit:
euh, la fac je ne connais pas. la terminale, j'ai fait terminale C. mais la terminale, c'est quand meme pas le bout du monde et c'est loin d'etre une etape ou tu dois etre insomniaque pour suivre

Non. Je parle d'être insomniaque pour approfondir les choses, parce que parfois, on a envie de regarder plus loin que le cours, il s'agit donc de travail purement personnel. Ce qui est difficile à réaliser étant donné l'éventail de thème que l'on nous enseigne. Si on veut tout regarder, on ne peut pas.

jibus a écrit:
concernant le passage du college au lycee.. c'est la meme chose pour le passage de maternelle a primaire, de primaire a college, ou du lycee a la fac...

Je ne suis pas d'accord. Du collège au lycée nous avons un gouffre, du lycée à la fac un petit saut... En travaillant aussi régulièrement qu'au lycée, la fac n'est pas un obstacle majeur. Par contre au collège, je n'ai pas vraiment travailler, relire mon cours la veuille d'un devoir suffisait à m'assurer une très bonne note. A l'arrivée au lycée le changement est assez brutal, sans compter que les profs de lycée ne sont pas capables de nous expliquer comment cela se passe après.
Et là je parle de l'organisation générale du travail, donc quelque chose que l'on peut comprendre à cet âge, pas du contenu intrinsèque des matières.

jibus a écrit:
la question est de savoir: vaut-il mieux connaitre a fond un seul sujet, ou connaitre un peu de plusieurs sujets?

si tu fais a fond un seul sujet, c'est bien, tu deviens un expert sur ce theme.. mais, au debut du cursus, l'interet est de presenter un peu tout ce qu'il y a. de la, ca donne plus de flexibilite par la suite, tu peux te debrouiller sur un peu de tout...

Certes, cependant je me pose la question étant donné que l'on parle du bac S, donc scientifique dans lequel la philosophie est "moins" importante que les sciences. Sans compter que des élèves qui ne veulent pas faire de philo ou de français risquent de vraiment s'endormir si on ne prend pas le temps de les intéresser à quelque chose en poussant un peu la réflexion. Enfin ça c'est un ressenti que j'ai eu après avoir observé mes comparses de terminale.

Ce que je me dis aussi, c'est pourquoi ne pas faire moins de choses, mais au moins les faire bien?


jibus a écrit:
en gros t'es nulle en tout...
C'est pas parce que je critique des matières que je suis nulle dans les-dites matières. C'est très moche comme raccourci cheers

Nieur a écrit:
Quoiqu'il en soit (et là je vais faire le vieux con (j'ai 30 berlots. Je te parais vieux, j'ai connu la guerre du golfe en direct à la télé. Mais crois moi ça vient vite :p), mais c'est important) : les études, c'est à un moment cool de la vie : la chouille entre étudiants, les sorties, les (petits-)copin(e)s. Mais les études sont d'une importance énorme, surtout en France où l'employeur regarde le diplôme avant l'expérience (même s'il demande toujours l'expérience qu'on ne peut pas avoir avant.... d'avoir de l'expérience). Alors serre les dents, accroche-toi à tes études si tu veux en faire. Ne fais pas les choses à moitié pour les regretter ensuite. Sinon, tes 45 ans de cotisation vont te sembler bien longs !

Vieux? La vieillesse c'est dans la tête ^^
Oui c'est vrai, c'est un passage vraiment sympa, et je ferais bien étudiante à temps complet plus tard, ici j'ai juste fait un condensé des points négatifs. Les points positifs et les chouilles, c'est au bar d'à côté drunken

BioHazard a écrit:
Je dois bien avouer que j'ai trouvé cette petite discussion plutôt réjouissante et j'en remercie d'autant plus notre nouvelle Pancreas d'avoir bondi a pieds joints dans le plat pour éclabousser un système à bout de souffle. Toutefois, aussi réjouissante soit cette discussion, je m'inquiète encore plus sur le moral des étudiants. Oh je ne me leurrais pas, derrière la médiocrité moyenne inhérente au mode d'inscription dans nos facultés, se cache une crise grave, une crise morale, une crise de conscience, une crise de confiance aussi. Combien sont les étudiants dont je vois, dans le regard, cette interrogation jamais satisfaite : "Mais qu'est-ce que je fous là ?".

Merci.
J'ai cette impression aussi, on dirait que le savoir ne garde plus jeune, mais rend vieux u_u"
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buck



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 13:51

ahhh les pb d'orientations, et de la fac. Je pense que chaque eleve en aura une perseption differente.
La plus grosse transition que j'ai eu ce fut la fac, enfin surtout le fait d'apprendre a vivre loin des parents, ca change pas mal de choses.
Cote volume horaire: ca depend des filieres, autant en litteraire ou qd tu fait ton programme a la carte tu peux te retrouver avec 10h de cours par semaine, autant dans d'autres filieres tu passes a 40h de cours par semaine (comme faire une filiere de type prepa)
Et dans d'autres pas mald e cours mais un boulot monstre a faire a la maison (genre medecine)
Cote glandouille pareil ca depend des gens, ceux qui se laissent aller et se crament la premiere annee, et les autres

Bref vaste debat !
Pour ma aprt ras au college, redoublement de terminales pour 12 malheureux petits points, puis deug science, licence maitrise physique, dess microelec sans trop de soucis, avec un bon melange de gladouille et bossage a la derniere seconde, et these qui me tombe dessus litteralement
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lgda



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 14:22

jibus a écrit:
Pancréas a écrit:
La philosophie: C'est intéressant, et j'ai trouvé ça utile. Mais à quoi bon passer à peine 3 semaines sur un seul thème sans l'approfondir? Mon homme qui était en prépa PTSI puis PSi à l'époque, n'avait qu'un thème par an en philo ! Et cela semblait 100 fois plus intéressant puisque l'approfondissement était total... Enfin bon, rien que pour ça, je serais bien allée en prépa...

la question est de savoir: vaut-il mieux connaitre a fond un seul sujet, ou connaitre un peu de plusieurs sujets?
'jib
Pour vous rassurer:

Code:
Un architecte est un homme qui sait très peu de choses sur un très grand nombre de sujets et qui, progressivement, en sait de moins en moins sur un nombre toujours plus grand de choses, jusqu'à ce qu'il ne sache pratiquement plus rien sur à peu près tout...
Au contraire, un ingénieur est un homme qui sait beaucoup de choses dans des domaines très limités et qui, au cours de sa vie professionnelle, en sait de plus en plus sur des sujets de plus en plus limités, jusqu'à ce que, finalement, il sache pratiquement tout sur à peu près rien...

Un entrepreneur commence par savoir tout sur tout mais finit par ne plus rien savoir sur rien, tout comme il commence à ne rien demander sur tout, mais finit par tout demander sur rien...

Le Maître de l'Ouvrage (autrement dit, le client), qui ne sait rien sur rien, laisse entendre que ceci est dû, en ce qui le concerne, à la fréquentation des Architectes, des ingénieurs et des entrepreneurs...

En particulier, le surveillant du Maître de l'Ouvrage qui, au début de sa carrière peut croire qu'il surveille tout sur son chantier, finit par se rendre compte que ce que les Architectes et les Ingénieurs lui demandent de surveiller est de plus en plus soumis à la bonne volonté de l'entrepreneur, lequel lui en cache de plus en plus, si bien que le surveillant finit par tout surveiller sur pratiquement rien et par ne rien surveiller sur à peu près tout…

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Steph



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 14:53

Ceci dit chère amie jeune, blonde et probablement pulpeuse, l'école ca sert surtout à acquérir quelques bases élémentaire et à séparer le bon grain de l'ivraie. Le métier s'apprend principalement en travaillant.
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jibus



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 15:12

lgda a écrit:
Pour vous rassurer:

Code:
Un architecte est un homme qui sait très peu de choses sur un très grand nombre de sujets et qui, progressivement, en sait de moins en moins sur un nombre toujours plus grand de choses, jusqu'à ce qu'il ne sache pratiquement plus rien sur à peu près tout...
Au contraire, un ingénieur est un homme qui sait beaucoup de choses dans des domaines très limités et qui, au cours de sa vie professionnelle, en sait de plus en plus sur des sujets de plus en plus limités, jusqu'à ce que, finalement, il sache pratiquement tout sur à peu près rien...

Un entrepreneur commence par savoir tout sur tout mais finit par ne plus rien savoir sur rien, tout comme il commence à ne rien demander sur tout, mais finit par tout demander sur rien...

Le Maître de l'Ouvrage (autrement dit, le client), qui ne sait rien sur rien, laisse entendre que ceci est dû, en ce qui le concerne, à la fréquentation des Architectes, des ingénieurs et des entrepreneurs...

En particulier, le surveillant du Maître de l'Ouvrage qui, au début de sa carrière peut croire qu'il surveille tout sur son chantier, finit par se rendre compte que ce que les Architectes et les Ingénieurs lui demandent de surveiller est de plus en plus soumis à la bonne volonté de l'entrepreneur, lequel lui en cache de plus en plus, si bien que le surveillant finit par tout surveiller sur pratiquement rien et par ne rien surveiller sur à peu près tout…

c'est effectivement rassurant... cheers cheers cheers

'jib
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Pancréas

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 16:21

Steph a écrit:
Ceci dit chère amie jeune, blonde et probablement pulpeuse, l'école ca sert surtout à acquérir quelques bases élémentaire et à séparer le bon grain de l'ivraie. Le métier s'apprend principalement en travaillant.

Justement, cette base élémentaire est mal agencée, enfin je trouve.
Bien sûr le métier s'apprend en travaillant, je ne remets pas ça en cause, mais il serait alors bon de rappeler à la masse de futurs bacheliers, que le bac n'est pas la clé du monde du travail, parce que beaucoup s'imaginent ça quand même...

Ah sinon... Je ne suis pas blonde *o*
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PtitGG

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 18:27

Bon comme dab j'arrive après la bataille ... à croire que nombreux passent leur temps sur le net au lieu de bosser Twisted Evil

Sur ce qui a été dit, je rajouterais que le passage des différentes étapes scolaires (collège-lycée-fac) est de plus en plus dur du fait que le niveau baisse : un sujet de bac C ne serait plus abordable avant la première ou seconde année de fac aujourd'hui! Les gamins sont pouponnés jusque tard, meme la première année de fac a du s'y mettre et pourquoi : pour avoir un taux de réussite au bac de plus de 80%!

Certes on y est arrivé, mais pas par la hausse du nombre d'élèves brillants, par la baisse du niveau exigé ...

Pour la question des heures de cours : t'es sûr d'avoir eu des réponses d'étudiants en sciences??? je me souviens avoir eu des semaines quasi aussi pleine que des semaines de lycée ... par contre dans les facs littéraires...
Il faut aussi avoir à l'esprit une chose : à la fac une grande partie du travaille se fait à la bibliothèque, sur des bouquins ... c'est une habitude à prendre, et c'est pas forcément facile. Une chose à faire, si tu as de bonnes affinités avec un groupe d'étudiant, c'est de former un groupe de travail et tout le monde à la BU!!!

La question des enseignants de fac a été aborder par notre cher Biohazard ... qui n'as pourtant pas développer un point. Je parlerais pour ma paroisse : les sciences physiques.
Les enseignants chercheurs sont recrutés sur concours, comme les chercheurs ... et les places sont chères : 1 poste pour 25 prétendants en physique nucléaire. Donc pour poursuivre sa carrière après sa thèse en recherche, le jeune docteur postule aux deux types de concours ... car pour être enseignant-chercheur, point de formation style IUFM : il suffit d'avoir une habilitation, qui s'obtient en justifiant d'avoir effectué au moins 30h équivalent TD.

Pour résumer : se présentent à ces concours des personnes ayant la fibre enseignante et d'autre .. qui veulent un poste, faire leur recherche et s'accommoder de leur service de 150h (j'ai plus les chiffres) équivalent TD sans s'investir plus. Tu comprends maintenant les différences entre profs que tu as constaté.

Perso j'ai adoré enseigner pendant un an .. mais n'ai eu aucun concours ... maintenant je suis dans une société d'ingénierie, en attendant autre chose Rolling Eyes
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Pancréas

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Ven 28 Mai - 21:06

PtitGG a écrit:

Sur ce qui a été dit, je rajouterais que le passage des différentes étapes scolaires (collège-lycée-fac) est de plus en plus dur du fait que le niveau baisse : un sujet de bac C ne serait plus abordable avant la première ou seconde année de fac aujourd'hui! Les gamins sont pouponnés jusque tard, meme la première année de fac a du s'y mettre et pourquoi : pour avoir un taux de réussite au bac de plus de 80%!

Je suis bien d'accord avec toi. Je me doute bien qu'avec mon niveau actuel, ya 10 ou 20 ans je n'aurais même pas eu le bac...

PtitGG a écrit:
Pour la question des heures de cours : t'es sûr d'avoir eu des réponses d'étudiants en sciences??? je me souviens avoir eu des semaines quasi aussi pleine que des semaines de lycée ... par contre dans les facs littéraires...

Oui... J'ai eu les deux réponses. Alors qu'après avoir testé par moi-même, on a bien 8h de cours par jour en début de semestre, ça se calme les deux dernières semaines, le reste du temps c'est over-booké.

PtitGG a écrit:
Il faut aussi avoir à l'esprit une chose : à la fac une grande partie du travaille se fait à la bibliothèque, sur des bouquins ... c'est une habitude à prendre, et c'est pas forcément facile. Une chose à faire, si tu as de bonnes affinités avec un groupe d'étudiant, c'est de former un groupe de travail et tout le monde à la BU!!!

Oui c'est vrai. D'ailleurs ça c'est une très grosse adaptation, au lycée tout est pré-mâché dans le cours du prof. C'est très loin d'être le cas à la fac.

PtitGG a écrit:
La question des enseignants de fac a été aborder par notre cher Biohazard ... qui n'as pourtant pas développer un point. Je parlerais pour ma paroisse : les sciences physiques.
Les enseignants chercheurs sont recrutés sur concours, comme les chercheurs ... et les places sont chères : 1 poste pour 25 prétendants en physique nucléaire. Donc pour poursuivre sa carrière après sa thèse en recherche, le jeune docteur postule aux deux types de concours ... car pour être enseignant-chercheur, point de formation style IUFM : il suffit d'avoir une habilitation, qui s'obtient en justifiant d'avoir effectué au moins 30h équivalent TD.

Dois-je vraiment le dire? Mon prof de physique (qui fut le même pour les deux semestres) répend autour de lui une odeur gerbante d'alcool, et n'est pas capable de faire un cours avec des phrases... C'est une suite de formules en fait... Quant à mes profs de TD, il y a eut tentative d'intéresser les élèves, mais cela n'a pas été concluant pour tout le monde....

PtitGG a écrit:
Pour résumer : se présentent à ces concours des personnes ayant la fibre enseignante et d'autre .. qui veulent un poste, faire leur recherche et s'accommoder de leur service de 150h (j'ai plus les chiffres) équivalent TD sans s'investir plus. Tu comprends maintenant les différences entre profs que tu as constaté.

Merci pour les précisions, je comprends mieux Smile
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BioHazard

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Sam 29 Mai - 9:23

Je plussoie sur ce que nous a dit PtiGG sur les concours de recrutement d'enseignants universitaires mais ceci n'est pas une règle stricte. Les ATER (attachés territoriaux d'enseignement et de recherche) doivent toujours passer par le cap du concours pour atteindre cette fonction, quelle que soit l'université. Comme l'adjectif territorial ne l'indique pas, les ATER sont rattachés à la fonction publique. Pour les maîtres de conférence des universités (MCU), ce n'est pas aussi simple. A l'origine, les MCU étaient choisis par les doyens des universités parmi les chercheurs ou théoriciens officiant dans les unités affiliées ou dépendantes. Une fois par an , les doyens étabvlissaient une liste qu'ils soumettaient au ministère de tutelle (enseignement supérieur et recherche) qui validait par décret ces listes. Mais le système a quelque peu évolué et depuis déjà de nombreuses années, les universités ont acquis, au moins pour cette partie, une assez large autonomie. La renommée scientifique ou intellectuelle, la production des chercheurs et autres cadres de recherche et la volonté manifeste d'enseigner sont maintenant des facteurs d'évolution naturelle vers les voies de l'enseignement. Et j'avoue, que pour cela au moins, cette nouvelle flexibilité dans les nominations et les postes permet d'apporter un peu de sang frais (mais toujours pas assez, je sais).

Quant aux méthodes pédagogiques, je ne pense pas qu'il existe une véritable panacée, j'ai connu de nombreuses façons d'enseigner à travers mes différents mentors et maintenant encore au contact de mes collègues mais jamais je ne pourrai dire qu'une méthode est supérieure à une autre. De mon point de vue très personnel, je n'aime pas recracher un jus de connaissances (une expression plaisante de l'un de mes anciens étudiants), je pense que ce n'est pas rendre service à l'étudiant que de faire le grand déballage du savoir. J'ai choisi de pratiquer le plus souvent possible une ouverture vers des savoirs plus larges en inculquant au maximum à mes élèves le goût de la recherche, de l'investigation, j'aime quand ils me prouvent leur curiosité et leur sens critique. Je me risque même parfois à mettre en place des conférences débat dont le sujet est lancé une semaine auparavant. Pendant cette semaine, leurs recherches personnelles permettent aux étudiants de se former une opinion dépendante également de leur sensibilité et de leur mode de raisonnement. La mise en commun des points de vue en conférence débat permet d'ouvrir de très grands horizons.
Pour la partie histoire de la médecine, j'apprécie aussi tout particulièrement le pouvoir de l'anecdote, et si possiblen, qu'elle soit drôle. Mon grand regret est de ne pas pouvoir vous les faire partager ici même sachant que sans une certaine intonation et quelques mimiques, ces anecdotes sont beaucoup moins savoureuses.
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Steph



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Sam 29 Mai - 9:57

La meilleure question, celle qui est toujours bonne à poser c'est "pourquoi?".
Et si le professeur n'a pas la réponse, il doit le reconnaitre!
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Nieur



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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Sam 29 Mai - 12:20

BioHazard a écrit:

Pour la partie histoire de la médecine, j'apprécie aussi tout particulièrement le pouvoir de l'anecdote, et si possiblen, qu'elle soit drôle. Mon grand regret est de ne pas pouvoir vous les faire partager ici même sachant que sans une certaine intonation et quelques mimiques, ces anecdotes sont beaucoup moins savoureuses.
On trouve (au moins au Collège de France) des podcasts de cours d'amphi. Pourquoi pas par ton université ? Wink

Nieur, qui s'il gagnait au loto, retournerait à la fac.
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PtitGG

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Sam 29 Mai - 18:18

BioHazard : je suis passé par la case ATER ... mais le T ne signifie pas Territorial mais Temporaire (en tout cas dans mon domaine). C'est un contrat d'un an, renouvelable une fois très difficilement. Et tout poste se fait par recrutement par concours (MC ou Prof) ... mais comme c'est la fac/UFR qui forme sont jury, il peut y avoir favoritisme pour un candidat dès le départ et les concours "pipeau" se sont déjà vu.

Pancréas : ah les enseignants "spéciaux" ... si tu traines dans un labo, surtout dans le coin de théoriciens ou de matheux, il y a plein de curieux spécimènes Laughing Mon prof de math en DEUG deuxième année, on le surnommait Jésus geek
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BioHazard

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MessageSujet: Re: Les élèves, le système éducatif... Et la dérive.   Mar 1 Juin - 15:01

Je vais revenir avec un peu de retard, hélas, sur la proposition de Nieur.
En fait, je partage complètement ton avis au sujet de la diffusion des connaissances par le biais des procédés multimédia. Je ne suis pas sur que la nécessité soit de mettre à la libre disposition de tous le contenu intégral des enseignements, car cela irait au-delà des principes universitaires et je ne pense pas que cela soit vraiment utile, mais ça se discute.

La position du Collège de France est tout à fait louable dans le sens où ce ne sont pas vraiment des cours qui sont dispensés en ligne mais des conférences thématiques appuyées par un rationnel scientifique et réellement à jour. D'un autre côté, l'université Paris V-René Descartes met en ligne les conférences de l'université de tous les savoirs (UTLS), véritable mine d'informations scientifiques (mais finalement pas seulement) dispensées par les spécialistes souvent internationaux les plus respectés dans leurs domaines respectifs. Mlaheureusement, depuis sa création, l'UTLS n'a que rarement donné la parole aux épidémiologistes, aux virologues et aux immunologistes. Mais je ne me permettrai pas de polémiquer à ce sujet qui ne doit pas vraiment relever d'un choix.

Je pense actuellement à la création d'un site internet dédié aux disciplines dans lesquelles j'évolue qutodiennement : infectiologie, immunologie, virologie, génétique, épidémiologie et VIH. Je constate parfois avec stupéfaction à quel point ce pan entier de la médecine est méconnu malgré son immense intérêt en matières de santé publique et de prévention. Oh bien sur, ce ne sont pas des disciplines simples, mais existe-t-il des disciplines simples de nos jours ? Aussi je travaille, malheureusement pas assez régulièrement, avec l'appui de quelques collègues, au développement de cette nouvelle plateforme qui, je l'espère permettra de créer un lien entre l'individu, la clinique et le fondamental. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Autre projet : un film, rien que ça ! L'année dernière nous "fêtions" le 25ème anniversiare du lancement de la lutte contre le VIH. De nombreuses conférénces et autres événements ont eu lieu à l'occasion mais, le plus souvent, dans le milieu souvent trop fermé des spécialistes du domaine. Avec quelques passionnés, et spécialistes nous planchons sur l'écriture d'un film documentaire faisant le point sur la pandémie, les traitements et leur réalité quotidienne, l'évolution des comportements face au virus, et ce, sur les 5 continents. Nous aimerions également exposer les perspectives d'avenir de la recherche et les nouvelles stratégies thérapeutiques. Sortie en 2012 si tout va bien ? A suivre...
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