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 La diversité n'est pas noire et blanche

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Huyustus



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MessageSujet: La diversité n'est pas noire et blanche   Sam 25 Oct 2008 - 1:15

Dans la revue Commentaire n°120, ce relevé des travaux du sociologue Christopher Caldwell qui va à l'encontre des idées reçues en matière de diversité dans la société.

Citation :

La diversité n'est pas noire et blanche
CHRISTOPHER CALDWELL
LES recherches les plus récentes du sociologue Robert Putnam se sont petit à petit répandues dans le monde entier au cours de la plus grande partie de cette décennie (4). Robert Putnam, qui enseigne à la fois à Harvard et à l'université de Manchester, est connu pour son travail sur le capital social, qu'il définit comme «des réseaux sociaux et des normes connexes de réciprocité et de confiance ».
(4) N.d.l.r. : Article paru dans The Financial Times, 8-9 septembre 2007, sous le titre « Diversity is not black and white », et traduit de l'anglais pour Commentaire par Isabelle Hausser.
Puisqu'il y a un lien entre le capital social et l'amélioration de la santé, la richesse et l'éducation, la longévité et une vie plus nettement démocratique, ce capital mérite d'être préservé. Robert Putnam a regretté son déclin dans un best-seller intitulé Bowling Alone. Au début de cette décennie, il a entrepris une étude qui l'a amené à une conclusion préoccupante : l'une des grandes causes du déclin du capital social est la diversité raciale.
Cet été, le travail de Robert Putnam sur la diversité a franchi une étape supplémentaire dans l'esprit du public avec la publication de l'une de ses conférences dans la revue Seandinavian Politieal Studies (5). Ses collègues en sciences sociales ont ruminé sur ses recherches pendant des années, mais aucun d'eux n'a sérieusement remis en question ses conclusions. Une crise idéologique est donc imminente. I.;un des principes chéris des politiques publiques, de l'identité collective et des relations interpersonnelles - l'idée que « la diversité est une force» - est en train de perdre sa légitimité.
Robert Putnam a étudié trente mille personnes, des ruraux et des citadins, des riches et des pauvres, des jeunes et des ~ieux, des hommes et des femmes à travers les EtatsUnis. Il a trouvé une corrélation constante entre les environnements à mixité ethnique et le retrait de la vie publique. Les gens vivant au milieu de la diversité ont tendance à «se recroqueviller », selon ses propres termes. Ils ont moins confiance en leurs voisins (qu'ils soient d'autres races ou de la leur), votent moins et sont moins charitables. Ils n'excellent que dans deux choses, selon Robert Putnam, regarder la télévision et aller à des manifestations. Ils mènent des vies sinistres.
D'une certaine manière, cette conclusion n'est jamais que du bon sens laborieusement établi. Les gens font davantage confiance à ceux qui leur ressemblent qu'à ceux qui sont différents d'eux. La vie est courte et les groupes différents perdent un temps précieux à se disputer sur les règles fondamentales. Une fois dépassé un certain niveau de diversité, une communauté cesse d'être une communauté. Ce qui fait de « la communauté gay» et de la «communauté afro-américaine » des communautés, dans le jargon politiquement correct du moins, est qu'elles ne sont pas diverses. Robert Putnam reconnaît lui-même qu'existe une longue liste de « preuves que diversité et solidarité sont corrélées négativement ». On pourrait citer la démonstration d'Alberto Alesina et d'Edward Glaeser selon lesquels la diversité ethnique explique pour une large part la faiblesse du système de protection sociale américain par rapport à ceux d'Europe.
(5) Robert Putnam, « E pluribus W1Um : dîversity and community in the twenty-first century" (Johan Skytte Prize Lecture), Scandi• naviall Political Studies, vol. 30, n° 2, 2007, p. 137•174.
Mais l'étude de Robert Putnam ne se contente pas de signaler quelques difficultés dans la gestion de la diversité, elle sape la doctrine officielle des gouvernements occidentaux qui veut que la diversité est toujours, et de toutes manières, une force positive dans une société. Ce qui amène à se demander si la diversité serait toujours considérée comme une force positive sans une doctrine officielle, dotée qui plus est d'un puissant appareil, pour la mettre en œuvre. Robert Putnam, et c'est tout à son honneur, veut empêcher les gens de surréagir face à la diversité (en tant que fait social). Mais il choisit de le faire en se réfugiant dans la diversité (en tant qu'idéologie publique). Il insiste sur l'idée que, «tout compte fait, la diversité ethnique est un important atout social ». Qu'entend-il exactement par là? La diversité est en effet un atout, en ce sens que les entreprises qui y font très attention perdront beaucoup moins de temps en procès, à se défendre contre les procureurs du gouvernement. Mais quelle est sa valeur intrinsèque?
C'est là où le don de Robert Putnam pour la spécificité et le syllogisme le perd. En décrivant et en vérifiant empiriquement les problèmes de la diversité, il ne fait guère plus que spéculer sur ses avantages. Robert Putnam crédite un spécialiste des sciences sociales d'avoir « puissamment résumé la preuve que la diversité (notamment la diversité intellectuelle) résout bien mieux et plus rapidement les problèmes ». Mais la diversité intellectuelle n'est pas la forme de diversité qu'étudie Robert Putnam et ce n'est pas non plus celle qu'encouragent les programmes officiels, notamment dans les directions des ressources humaines et sur les campus universitaires. C'est la diversité raciale qui est encouragée. Alors qu'en théorie, elle est supposée entraîner la diversité intellectuelle dans son sillage, en pratique, cela ne s'est pas produit. En effet, un puissant conformisme est devenu la marque des universités américaines, précisément durant les décennies où elles se sont davantage ouvertes à la diversité. Robert Putnam cite aussi la déségrégation de l'armée américaine comme preuve que, avec le temps, les gens s'habituent à la diversité. Mais même la meilleure armée est organisée selon des principes hiérarchiques et autoritaires qui n'en font pas le bon endroit pour espérer des leçons sur la vie dans une république démocratique.
« Le défi central pour des sociétés modernes en cours de diversification, écrit Robert Putnam, est de créer un sens nouveau et plus large du "nous".» Mais «élargir» quelque chose revient sans doute à l'atténuer. Si vous en doutez, imaginez comment votre conjoint ou votre associé prendrait une telle suggestion. Demander un «sens plus large du "nous"» revient à demander que nous nous résignions purement et simplement au déclin du capital social.
C'est notre devoir de vivre avec la diversité autour de nous. Mais ce n'est pas notre devoir de chanter les louanges de l'idéologie de la
diversité. Le racisme et certaines autres formes d'exclusion corrodent moralement une société. Mais la diversité, en tant qu'idéologie, n'est pas le moyen d'éviter ces occasions de pécher. C'est un système de croyance actif, sans pitié et menant croisade. Ses effets ressemblent à ceux de la «méritocratie» sur la vie associative de Bethnal Green à Londres, décrits dans The New East End de Dench, Gavron et Young. Il implique que l'on identifie, que l'on discrédite et que l'on brise les communautés soudées pour qu'elles se mélangent plus facilement dans un nouvel idéal de la nation.
Cette idéologie a apporté de grands profits et de grandes pertes. Les recherches de Robert Putnam montrent que ces dernières sont plus évidentes que les premiers.
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Steph



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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Sam 25 Oct 2008 - 12:15

Toi tu as décidé de nous coller devant le forum pendant des heures Smile
C'est Al qui t'as payé ou quoi Wink

Stephane
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DonPanic

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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Jeu 13 Nov 2008 - 23:02

Huyustus a écrit:
Dans la revue Commentaire n°120, ce relevé des travaux du sociologue Christopher Caldwell qui va à l'encontre des idées reçues en matière de diversité dans la société.

Il semble que l'élection d'Obama est un cinglant démenti aux thèses de Putnam
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Huyustus



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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Jeu 13 Nov 2008 - 23:06

Pourquoi ?
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DonPanic

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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Jeu 13 Nov 2008 - 23:33

Huyustus a écrit:
Pourquoi ?

Parce que la diversité n'a jamais été aussi forte, tandis que l'engagement politique et la participation électorale ont atteint des records historiques, ce, depuis des décennies
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Steph



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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Ven 14 Nov 2008 - 9:19

Il n'a pas dit que la diversité déclinait, il remet juste en question un principe qui est automatiquement accepté et enseigné partout: diversité=avantage.
Personnellement je trouve ce discours gênant non pour son contenu, mais pour sa raison d'être: on ne mélange pas les populations artificiellement pour obtenir des sociétés plus performantes. Les gens ne sont pas des ingrédients de cuisine.

Stephane
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DonPanic

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MessageSujet: Re: La diversité n'est pas noire et blanche   Ven 14 Nov 2008 - 11:14

Steph a écrit:
Il n'a pas dit que la diversité déclinait, il remet juste en question un principe qui est automatiquement accepté et enseigné partout: diversité=avantage.
Personnellement je trouve ce discours gênant non pour son contenu, mais pour sa raison d'être: on ne mélange pas les populations artificiellement pour obtenir des sociétés plus performantes. Les gens ne sont pas des ingrédients de cuisine.

Je pense que tout dépend du contexte urbanistique et du degré d'ouverture des agrégats communautaires
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